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 Le mécène et l'artiste

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Alexander Walker
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MessageSujet: Le mécène et l'artiste   Jeu 6 Mar - 19:12

Spoiler:
 

J'avais eu une semaine pour créer Chen Yu. Ce cher chinois, né à Chicago, avait grandi dans une famille complexe. Trois frères, cinq soeurs, son père était mort lorsqu'il avait seize ans, et sa mère s'était par la suite remariée à un américain pur souche, avec lequel elle avait eu trois bâtards... enfin, métisses... avec lesquels Chen ne s'était jamais entendu. Comme il haïssait cordialement son beau-père, Chen avait quitté le domicile familial dès que possible pour venir s'installer bien loin, de l'autre côté du continent, à Los Angeles.
Il avait suivi des études de commerce, pour en fin de compte se réorienter dans la photographie, avec de belles études d'art.

Ce qu'il préférait ? Les photographies de paysages, surtout les nocturnes. C'était beaucoup plus pratique pour moi, j'avais ainsi pu retoucher de nombreux clichés que j'avais déjà en réserve, et en ajouter quelques uns faits dans la semaine. Des instantanés de vie nocturne, essentiellement urbains. J'avais même poussé le vice jusqu'à voyager à San Francisco histoire de varier les oeuvres. Toutes les photographies étaient de moi, bien entendu, ne surtout pas prendre le risque de prendre des clichés d'autres personnes, si le Lucien était amateur, il aurait pu en reconnaître. Je ne voulais que de l'original.

J'avais aussi passé pas mal de temps dans les formalités administratives.
Dès le lendemain de notre rencontre, je m'étais procuré un second téléphone, avec un abonnement léger, au nom de Chen Yu. Je lui avais trouvé des papiers d'identité, une boite aux lettres, une adresse e-mail, un numéro de sécurité sociale, un diplôme d'études en photographie, tout ce qu'il fallait pour avoir une solide identité. Le réseau Nosferatu était impressionnant pour se procurer rapidement et efficacement toute cette paperasse.

Il m'avait également fallu aménager le studio. Chen était né en Amérique, mais il était fier de son héritage chinois. La décoration était clinquante, kitsh selon moi, avec de nombreux bibelots, des portes-bonheurs, des chats en porcelaine, des tableaux de cerisiers, toutes les conneries asiatiques imaginables.
J'avais aussi construit un site web pour exposer les photographies de Chen, et bien entendu j'avais constitué un book exprès pour l'occasion.

Lorsque tout fut prêt, je recontactais l'ami Lucien pour lui donner mes coordonnées complètes, et lui confirmer le rendez-vous au studio.
Le mardi soir arriva. Je portais une tenue choisie avec soin : jean stretch légèrement délavé, chemise saumon avec deux boutons ouverts, baskets bleu ciel et gavroche grise. Le parfait artiste.
Je n'avais plus qu'à attendre l'arrivée de mon mécène...

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Lucien T. Clairmont
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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Sam 8 Mar - 14:18

Il y a de ces jours comme ceux-là où, lorsque vous vous levez, vous pouvez rapidement deviner si votre journée va bien se passer. Souvent, ça ne tient qu’à de petits détails ou à des évènements tellement futiles, mais dans ces jours-là, on le sent : ce sont les funestes et prophétiques signes que vous allez passer une journée de merde, disons-le franchement. Pourtant loin des préoccupations humaines, Lucien avait malgré tout ce genre d’impression certaines nuits. Et cela pouvait aller jusqu’à le rendre imbuvable. Les mortels devaient appeler ça « se lever du pied gauche ».

Toujours est-il qu’en passant à son club avant de se rendre chez Chen, il en était ressorti d’humeur mauvaise. Les préparatifs pour l’arrivée de sa petite vedette de Las Vegas avaient pris du retard, et il avait trouvé le moyen de chicaner sur de menus détails. Et puis il fallait le dire aussi, quelque part il regrettait de ne pas pouvoir assister au show. Il espérait bien que l’artiste asiatique saurait le surprendre pour donner le change.

Pas de confettis, pas d’entrée en grande pompe ou quoique ce soit de farfelus pour son rendez-vous, non, pas cette fois. Pour une fois, notre Toréador se contenta de faire dans la simplicité en arrivant tout simplement à l’heure devant l’immeuble que lui avait indiqué Chen. Détaillant celui-ci du regard comme il l‘avait fait du quartier, il eut un sourire mesquin en se disant que cela pourrait être amusant d’attendre un peu au lieu de monter tout de suite, de faire mariner celui qu’il pensait être un mortel. Après tout, c’était plus qu’un rendez-vous dans le fond, c’était un possible virage à 180° dans la carrière du photographe qui pouvait s’offrir à lui. Lucien avait suffisamment de moyens et de contacts pour le faire percer dans les voies difficilement pénétrables des artistes reconnus et adulés. Et tout cela, selon son propre bon vouloir.

Cependant, l’Ancilla avait un tempérament à suivre ses désirs, et la curiosité se fit plus forte que son envie de faire tourner en bourrique l’asiatique. Il alla donc directement dans l’immeuble pour se rendre jusqu’à la porte du studio de Chen. Autant dire que par rapport à sa première rencontre avec Chen, il avait pris un tournant vestimentaire bien différent. Il s’était dit que son humeur irait bien avec du cuir, allez savoir pourquoi. Alors il s’était vêtu d’une veste en cuir beige, taillée pour avoir une certaine élégance, sous laquelle il portait une chemise noire. Un pantalon de même couleur en cuir, et des bottillons. Et bien entendu, au risque que cela paraisse incongru à Chen, bien qu’il ne s’en était pas formalisé la première fois, un de ses inséparables masques. Ou « loup » pour les plus tatillons, puisqu’il ne lui recouvre que la partie supérieure du visage…


Spoiler:
 

Après avoir signalé sa présence, la porte du studio s’ouvrit finalement sur Chen.

« Chen, comment vous portez-vous depuis la dernière fois ? Vous permettez que je vous appelle par votre prénom, hm ? »

En réalité, il n'attendait pas vraiment l'approbation de ce dernier pour l'appeler ainsi. Il n'avait pas le choix, c'est comme ça. Une fois que son hôte l’eut fait entrer, Lucien sembla porter un intérêt tout particulier à la décoration des lieux. Asiatique, l’endroit l’était indéniablement. Il aurait immanquablement trouvé des retouches à faire, le connaissant, mais au lieu de quoi il préféra laisser Chen lui faire découvrir par lui-même son atelier.

« Je vois que vous êtes fier de vos origines. Seriez-vous né en Chine ? »


Dernière édition par Lucien T. Clairmont le Mer 30 Avr - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Lun 10 Mar - 22:42

Mon mécène frappa à ma porte à l'heure prévue. Parfait.
J'avais redouté, dans les dernières minutes précédant l'heure du rendez-vous, que le français se débine, ou qu'il n'ait fait que jouer de la flûte avec moi. Cela m'aurait fortement fait enrager de m'être fait avoir. Surtout d'avoir autant bossé pour des prunes.
Mais Lucien était là. Un petit pschitt de parfum d'eau de cerisier, et j'allais ouvrir à mon invité.

Il était habillé de manière bien plus sobre que la dernière fois. La tenue en cuir ne m'étonnait pas vraiment, et ajoutait à ma conviction de son homosexualité. Cela restait sobre néanmoins, si l'on omettait le loup noir qu'il portait. Décidément ! Déjà la dernière fois, il portait un masque... Étrange. Peut-être qu'il était défiguré, qu'il avait été brûlé à l'acide ou une connerie du genre. Ou peut-être qu'il ne supportait pas sa tronche. Ou que son âme d'artiste le rendait un peu trop excentrique. Je m'en fichais pas mal, du moment qu'il me rendait riche et célèbre.

Je lui adressais un grand sourire et le laissais entrer, répondant à ses premières questions d'un ton enjoué :


Bien entendu, mon cher ! Je me porte à merveille, ravi que vous soyez venu.
Je peux peut-être vous débarrasser de votre veste ?


Qu'il m'appelle comme ça lui chantait. C'est vrai que "monsieur Yu", ça aurait pas sonné terrible.
Je le laissais admirer ma magnifique décoration. L'essentiel était plus loin, dans la partie bureau du studio, où attendaient sagement l'ordinateur, le book photo et deux chaises standard. Mais autant le laisser traîner sur les préliminaires, j'avais toute la nuit devant moi.


Ah, malheureusement non, je suis né à Chicago. Mais ma grand-mère vit encore à Shangaï, nous allons la voir à chaque fête du printemps. J'ai donc la chance de m'y rendre une semaine par an.

Cherchant ce que l'on disait lors de ce genre de visite, je réalisais soudainement que je n'avais rien prévu à boire ou à manger. Et merde ! Les habitudes, hein, quand on ne se nourrit plus que sur les gorges de mannequins affolés, on ne pense pas à prévoir des petits fours et du vin quand on reçoit un mécène humain.
Tant pis, je rattrapais le coup autrement.


Je suis désolé, ma journée a été très chargée, je n'ai pas eu une minute à moi pour aller faire des courses, vous prendre quelque chose à boire ou à grignoter. Je peux appeler un livreur si vous avez une petite faim.

Je souriais intérieurement, en m'imaginant guérir mes propres petites faims sur les livreurs de pizza. Ce n'était pas mon modus operandi habituel, mais en cas de flemme, c'était une bonne solution de dépannage. A noter dans un coin de mon cerveau.
Mais concentrons-nous plutôt sur ce charmant Lucien...

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Ven 21 Mar - 12:20


Puisque Chen souhaitait se rendre serviable, qu’il fasse donc. Lucien lui confia alors sa veste, dévoilant une chemise noire sous celle-ci. La nourriture humaine par contre, le Toréador n’aurait su qu’en faire.

« Ne vous embêtez pas avec ça, j’ai déjà dîné. A moins que ça ne soit pas votre cas ? »

Peut-être pas un « dîner » au même sens que l’entendait l’asiatique, mais un dîner quand même. On n’allait pas s’attarder sur la définition respective qu’avaient les deux hommes de ce mot, quoiqu’elle aurait été bien plus proche qu’ils ne semblaient tous les deux le soupçonner. Etrangement, Lucien buvait rarement à la veine, préférant l’illusoire civilité de boire dans des verres à champagne comme à une de ces réceptions mondaines chics. Boire à la source, il se le réservait pour les occasions particulières, ou lorsque son humanité se faisait trop lourde à porter.

« J’aimerais que vous me parliez un peu de vous avant que nous n’entrions dans le vif du sujet. D’où vous vient cette passion pour la photographie, vos sujets de prédilection et pourquoi, si vous avez fait des études en rapport avec cet art… Bref, les banalités en somme. »

Il ponctua sa phrase d’un sourire avant de poursuivre.

« J’aime apprendre à connaître les artistes qui composent, ou pourraient composer, mon entourage, pour mieux comprendre d’où ils tirent leur inspiration. Et après si vous le voulez bien, ou même pendant que vous m’expliquez tout cela, nous pourrons jeter un œil ensemble à votre travail. »

La balle était dans le camp de Chen, à lui de bien jouer les cartes qu’il avait en main. S’il ne parvenait pas à retenir l’attention du Toréador, il n’était pas dit que ce dernier ne se gêne pas pour tourmenter un peu le photographe pour lui avoir fait perdre son temps. Mauvaise humeur, quand tu nous tiens…




Dernière édition par Lucien T. Clairmont le Mer 30 Avr - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Jeu 27 Mar - 22:50

[ hrp : pas de souci, je suis moi-même souvent lente à répondre avec mon Nosfé ^^' ]


Pfiou, c'est bon, il avait déjà dîné. En même temps, en arrivant à cette heure-là, c'était logique. Les humains mangeaient plutôt vers 19h ou 20h, on avait largement dépassé l'horaire. Je lui fis un signe de tête négatif pour signifier que je n'avais pas faim, avant de finalement dire :

Je fais attention à ma ligne en ce moment. Je prendrais un simple bol de soupe avant de dormir, ça ira très bien !

Pourquoi pas ! Les artistes, ça prend soin des apparences, hum ?
J'avais fait ce corps bien foutu, élancé mais pas chétif, le petit chinois parfait quoi. Pas vraiment besoin de régime. Mais ça ajoutait à son charme, je trouvais.
Bref.

Voilà qu'on entrait déjà plus dans le vif du sujet.
Que je lui parle de moi ? Mais bien sûr ! J'avais déjà tout prévu.
Je lui montrais d'un geste élégant de la main le fond du studio, la partie bureau avec les chaises et le travail de Chen. Je pris place sur la chaise du côté de l'ordinateur, et l'invitais à s'asseoir en face de moi.


Mais bien entendu ! Venez donc vous asseoir.
Je suis passionné de photographie depuis ma tendre enfance. Mes parents m'avaient offert pour mes six ans un appareil fisher price, vous savez, ces jouets incassables et moches ? Mais très pratiques ! Je passais tout mon temps libre à prendre mes frères et soeurs en photo ! J'avais même installé un mini-studio dans ma chambre, avec des draps que j'avais cloués aux murs ! Ahah, la rouste que je m'étais pris par mon père quand il a vu que j'avais bousillé sa parure de lit de noce !
Bref. Je suis parti de chez ma mère à 18 ans, pour m'installer à Los Angeles. J'ai d'abord fait des études de commerce, mais ça ne m'intéressait pas. Une amie m'a parlé d'une formation dans les métiers d'art à l'UCLA, j'ai donc tenté ma chance, et suis ressorti deux ans plus tard diplôme en poche !


J'appuyais mon histoire en désignant le diplôme accroché au mur derrière moi. J'en étais pas peu fier, de celui-là. Ça m'avait pris du temps pour le faire, mais il paraissait parfaitement authentique.
Puis je poussais vers lui le book papier afin qu'il puisse jeter un oeil.


Ces derniers temps j'ai essentiellement axé mon travail sur les paysages, plus spécifiquement les paysages urbains nocturnes. Ce book regroupe mon travail sur Los Angeles et San Francisco.



[ hrp : je considère que vu qu'Alexander fait des photos depuis toujours, le travail est de qualité, mais comme c'est pas son domaine de prédilection les paysages, ça ne te fait pas transer non plus. ^^ ]

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Mar 1 Avr - 11:18


Prenant place sur la chaise que lui désigna l’asiatique, Lucien écouta le récit de ce dernier, un fin sourire sarcastique se dessinant sur ses lèvres à l’évocation de ces horreurs fisher price. Bon, c’était un point de départ après tout, surtout lorsqu’on avait six ans, alors pas de commentaires. Ainsi, il sortait donc de l’UCLA. Si leurs formations étaient reconnues, notre Toréador resta sceptique un moment. Chen semblait relativement jeune, il n’avait donc pas la pratique et l’expérience qu’aurait eu un aîné. A son âge, il n’avait que le talent et un travail acharné, mais surtout, Lucien craignait que les enseignements de l’UCLA soient encore trop ancrés en lui.

Car l’école, c’était bien certes, c’était autre chose qu’au XVIIIème siècle, et peut-être que c’était justement là le problème, pour un jeune artiste. Certes, il fallait bien de la technique, mais notre vampire restait persuadé que trop de règles et d’encadrement nuisaient à la créativité. A vouloir tout ranger correctement et donner les mêmes codes à tout le monde, on en tuait l’originalité et l’individualité. Espérons que ce ne soit pas le cas de Chen.

Passons donc au book pour voir tout ça.

Lucien le feuilleta d’un œil critique, s’attardant parfois d’avantage sur certains clichés, notant mentalement ce qui était bon et ce qui ne l’était pas. Pour une fois, il était étonnamment calme, le visage indéchiffrable, du moins pour ce qui n’était pas caché par son masque. D’une voix posée, il exprima finalement son verdict après plusieurs minutes.


« Vous êtes appliqué dans ce que vous faites, cela se voit. Mais je trouve qu’il manque un je ne sais quoi… Ces photos sont très bien, mais je les trouve fades. On ne sent pas votre touche personnelle, il n’y a pas de messages ou d’émotions assez fortes qui passent par ce que vous souhaitez montrer. Telles quelles, elles sont parfaites, je n’ai rien à redire sur la qualité. Mais… De la personnalité, c’est cela qui leur manque, je pense. »

Les pages défilèrent à nouveau sous ses yeux, mais plus rapidement. Oui, tel était son verdict, son travail manquait de maturité pour être exposé. D’un autre côté… Il se figea un instant, pensif. Depuis le temps qu’il baignait dans l’art, il avait acquis un certain instinct quant à la voie à suivre pour guider ses protégés. A moins que ce ne soit un truc de Toréador, allez savoir. Ou bien Chen était, comme il le redoutait, trop attaché à ses enseignements scolaires de l’UCLA, ou bien les paysages n’étaient tout simplement pas le domaine dans lequel il excellait, bien qu’il ne lui ait montré que ce type de photo. Ou alors, il était doué, mais sans réel talent qui faisait le génie de ceux qui parvenaient à s’imposer sur le long terme. C’était également une possibilité.

« Vous ne m’avez montré que des paysages. Est-ce parce que vous ne faîtes rien d’autres, ou parce que vous pensiez que c’était ce que je recherchais ? Je pense qu’il serait intéressant pour moi de comparer vos travaux-là avec d’autres d’une nature différente, si vous en avez. »

Son âme d’artiste sentait qu’il tenait quelque chose, mais pas dans le domaine des paysages. Cela suffit d’ailleurs à calmer les restes de sa mauvaise humeur et l’inciter à prêter attention à Chen. Du moins, pour l’instant.



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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Lun 21 Avr - 17:39

Je me sentais comme un gamin montrant son dernier dessin à son père, tremblant d'excitation et d'espoir, à attendre le jugement. Lucien prenait son temps pour observer les clichés, était-ce un bon signe ? Il gardait un visage de marbre, ne trahissant aucune émotion de satisfaction ou de dépit. C'était pénible ! En cet instant, j'aurais aimé avoir le don des Malkaviens ou des Tzimisce, qui leur permettait de lire les émotions et les pensées des autres.

Le temps semblait s'être ralenti, et j'avais l'impression que le mécène feuilletait mon book depuis des heures. Qu'il se décide, à la fin ! Qu'au moins il dise quelque chose !
Mon travail n'était pas mauvais, je le savais bien. J'étais un photographe de talent, c'était évident. Alors qu'il le dise !

La première phrase tomba. Sur le genre de ton qui appelle inéluctablement un "mais".
Le verdict arriva. Fade. Fade. Ce mot se répéta dans ma tête. Pff ! Que j'enlève le masque de Chen, et il verrait bien si j'étais fade ! Je l'étais, lorsque j'étais humain. Mais à présent... C'était l'une des pires insultes que l'on pouvait me faire. Fade...
Je sentais ma bête rugir en moi tandis que Lucien faisait défiler plus rapidement les pages de mon travail, presque négligemment.

Mon invité ne serait sans doute pas ressorti vivant, s'il n'avait posé les questions qui suivirent. Il voulait comparer avec des travaux d'une nature différente ? Ah. Je haussais un sourcil et eus un sourire en coin. Alors il voulait voir ce dont j'étais véritablement capable ? Il voulait connaître ma touche personnelle ? Ah. Misérable humain, artiste de pacotille, tu vas être servi.
J'allumais l'ordinateur, tout en répondant sur un ton nonchalant :


En effet, je suis dans une période paysage, mais j'ai bien d'autres travaux. Les plus personnels pourraient en fait paraître dérangeants, et je ne suis pas sûr qu'ils vous plairaient...
J'ai récemment traversé une période artistique très sombre, pour ne pas dire glauque. C'étaient de simples expériences, des mises en scènes macabres, mais elles ont rebuté les âmes sensibles à qui j'ai montré le résultat... On les a estimés malsaines, choquantes, presque dangereuses, je n'ai jamais pu les publier...
Non, vraiment, je ne pense pas que cela pourrait vous intéresser. Vous êtes bien trop distingué pour ce genre de travail.


Je n'attendais bien évidemment que ses protestations. Je savais qu'en présentant les choses ainsi, il y avait de fortes chances pour que ça éveille sa curiosité. Des photographies qui avaient déplu au point d'être censurées, ça ne pouvait que susciter son intérêt, s'il était si ouvert à l'art qu'il le prétendait.

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Mer 30 Avr - 12:35



Chen était-il en colère ? Après tout, quel artiste ne le serait pas en cet instant, de voir que son travail n’était pas reconnu à la hauteur de ses espérances et de sa propre vanité ? Et si ce n’était pas de la colère, alors il y avait bien un sentiment ou un autre qui devait l’animer en cet instant, pas besoin d’augure pour se faire une petite idée. Lucien savait ce que c’était, de présenter son travail ainsi, il avait connu cela dans sa jeunesse immortelle auprès de son Sire, qui souhaitait toujours l’amener plus haut à chaque nouvelle marche atteinte. Pourtant lorsque l’asiatique reprit finalement la parole, il cachait admirablement bien l’impact qu’avaient pu avoir le verdict de Lucien sur son humeur.

Il eut un léger rire indulgent en attendant les propos de Chen.


« Malsaines ? Choquantes ? Montrez-moi donc cela Chen, je suis curieux de voir ce qui a pu tant perturber l’esprit de ceux qui ont vu ces clichés. Si cela peut vous rassurer, je vous assure que je ne suis pas facilement impressionnable, alors montrez-les moi donc, s’il vous plaît ! »

S’attendait-il à être surpris ou horrifié de ce qu’il allait voir ? Certainement pas. Il avait eu l’occasion de voir et faire des choses horribles durant sa longue vie, des choses à faire défaillir ou rendre fou n’importe quel mortel. Des choses dont il n’était pas fier, qu’il aurait préféré effacer de son esprit, mais elles étaient irrémédiablement gravées au plus profond de ce dernier. Pour avoir connu et vécu directement plusieurs périodes de guerres humaines, pour faire parti du monde de la nuit et en avoir vu ses facettes les moins agréables, ce n’était pas quelques photos qui allaient le rebuter ou le faire tomber dans l’effroi. Au bout de deux siècles, il avait eu le temps d’en voir des vertes et des pas mûres.

Non décidément, rien de ce que pourrait lui faire voir ce gamin ne pourrait surpasser toutes ces horreurs, il en était convaincu.


« Après tout, vous n’avez rien à perdre puisque c’est votre dernière chance de retenir mon attention. »

Le ton s’était fait un peu plus sec, moins avenant qu’il ne l’avait été depuis le début. Bien que la petite visite ait été agréable deux minutes, elle commençait à ennuyer notre Toreador qui avait de plus en plus l’impression de perdre son temps. Oh ça non, Chen n’était pas mauvais, c’était un fait avéré. Mais entre quelqu’un de doué et un pur génie, il y avait tout un monde. Ce qu’il avait vu ne l’avait pas transporté de cette euphorie si particulière propre aux Roses, c’était pourtant là ce qu’il recherchait. Le plaisir, toujours le plaisir, sinon à quoi bon vivre éternellement ?

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Dim 1 Juin - 16:20

Il était curieux ? Il allait être servi ! Pas facilement impressionnable ? Pfeuh ! Mon art ne pouvait le laisser indifférent. Mon art pourrait marquer le monde de la photographie, si on me laissait le montrer au grand jour. C'était peut-être l'occasion ou jamais. J'avais menti bien sûr, personne n'avait jamais vu ces clichés, en dehors de mon sire et de quelques rares frères de clan. Mais ils étaient incapables d'estimer mon art à sa juste valeur. Tous des ignares et des brutes.

Comme vous voudrez.

L'ordinateur s'était lancé, je le tournais vers mon invité. J'ouvrais sur le bureau un dossier intitulé "Projet Freak".
Je choisis de montrer en premier lieu les clichés préparatoires. Je sélectionnais trois modèles parmi mes préférés, que je montrais à Lucien. Deux femmes, un homme. Des portraits assez simples, un peu dénudés sans être vulgaires. L'atmosphère qui s'en dégageait était cependant particulière, dans des teintes sombres, bleutées, avec une ambiance à la fois lumineuse et enfumée, presque irréelle.
(lien exemple lien exemple.

Ceci est le travail préparatoire, un travail de modèles somme toute assez classique.
Le véritable spectacle arrive.


La seconde partie du projet montrait les visages des mannequins précédents déformés par la terreur, les yeux écarquillés, la bouche béante. Les deux femmes adoptaient selon les clichés des positions de défense, recroquevillées, ou se protégeant le corps de leurs mains crispées, des larmes étant visibles sur certaines photos. L'homme exprimait à la fois une peur et une rage intense, comme s'il cherchait quant à lui à agresser la source de sa peur.
Je laissais à Lucien quelques instants pour apprécier cette série de clichés, avant de dire :


Et le final...

La dernière série n'avait plus rien à voir avec la première. Les mannequins gisaient au sol, le corps ensanglanté. La première femme avait une partie de la gorge arrachée, la seconde montrait une blessure par morsure au niveau de la poitrine, quant à l'homme, la mise en scène montrait un corps disloqué, l'épaule gauche formant un angle anormal, la jambe droite étant arrachée, le visage littéralement labouré, il était méconnaissable. (lien exemple)
Les photographies restaient néanmoins belles, la mise en scène et les couleurs étant parfaitement calibrées, c'était du travail d'orfèvre. Mais le maquillage et les effets appliqués aux mannequins paraissaient extrêmement réalistes... réels.

Alors ? Ai-je retenu votre attention ?

Je me retenais fortement de sourire.

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Mer 4 Juin - 11:11



Feignant un intérêt poli mais à peine convaincu intérieurement, Lucien dirigea son attention vers l’écran que tourna Chen vers lui. Aaah, aussi incroyable soient les dernières technologies, elles manquaient malheureusement d’authenticité et par moment, cela lui apparaissait de manière plus flagrante. Mais il fallait vivre avec son temps, c’était même indispensable sous peine de devenir une créature archaïque dans ce monde en perpétuel mouvement. Il devrait donc se concentrer de regarder les clichés à l’écran, numérisés, intangibles, pixélisés.

Le travail préparatoire donc ! En terme de goût concernant les modèles, notre Toreador ne put qu’approuver : des humains charmants, agréables à regarder, aperçus de ce que pouvait offrir l’Humanité en terme de beauté physique. Si la mise en scène lui plût, un soupçon de curiosité le prit en voyant la suite. Oh, les bons acteurs ! Leurs émotions étaient criantes de vérité ! A croire qu’ils avaient vraiment été terrifiés par quelque chose lors de la séance. Peut-être Chen avait-il quelques talents pour la mise en scène et pour les aider à se mettre en condition plus facilement. Certains l’avaient, d’autres noms, c’était un petit détail qui faisait la différence. Bon, c’était bien tout ça, mais où notre artiste chinois voulait-il en venir ?

Oh.
Bien…
Un ange passa.

Le regard rivé sur la dernière série de photos, Lucien ne souriait plus du tout. Une conviction commençait à naître en lui, conviction que s’efforçait de nier une partie de lui-même, mais ses yeux ne pouvaient se tromper sur ce qu’il voyait. Il avait trop vu de scènes semblables et d’horreurs bien pires encore pour se laisser abuser ou croire à de simples artifices. Oh mon dieu ! Et pourtant, malgré l’horreur que suscitait ces clichés, il s’en dégageait une certaine harmonie, une recherche visible de la perfection, du meilleur angle, une ambiance et des jeux de lumière qui les rendaient diaboliquement splendides. Ne vibrait-il pas à leur vue ? Ne les aimait-il pas malgré l’effroi qu’ils auraient dû lui susciter ? Oh, bien sûr, il y avait cette part d’horreur, mais elle se heurtait à sa soudaine fascination qu’il savait malsaine sans pour autant pouvoir s’en empêcher.

Le choc était rude. Combien d’années cela le ramenait-il en arrière, lorsque la perte de son aimé Sire lui avait écorché le cœur et qu’il avait manqué d’y laisser une part de raison ? Qu’il s’était adonné à ce même Art Sanglant qu’il avait devant les yeux, qu’il l’avait expérimenté de bien des manières, y cherchant un échappatoire à sa propre douleur ? Il ne souhaitait pas repenser ou évoquer cette époque. Quand bien même cette éphémère passion l’avait brièvement ressaisi à la vue des clichés, il n’avait pas l’intention de retomber dedans. Il n’exposerait pas ces photos, d’ailleurs, il se rendit subitement compte qu’il n’avait plus la moindre envie d’avoir affaire d’une manière que ce soit à cet étrange asiatique. Etrange, oui… Ses clichés en eux-mêmes l’avaient troublé, mais il y en avait un en particulier qui ne lui avait pas échappé.

Reculant son siège et se posant une main devant les yeux dans un geste las, il commença peu à peu à être secoué par un rire amer.

« Je dois reconnaître, à mon grand étonnement, que vous êtes plus surprenant que je ne le pensais, Monsieur Yu… »

A ces mots, il abaissa sa main, et le regard qu’il posa sur Chen, et alors qu’il cherchait à percer la véritable nature de l’être qui se tenait face à lui, le déguisement de ce dernier vola en éclat sous l’augure. Diantre ! Un vampire, comme il s’en était douté à la vue des morsures d’un des modèles, et un Nosferatu en plus de ça ! Quelle horreur ! Il désactiva aussitôt son pouvoir. Entre le charmant chinois et le monstre à la peau de suie desséchée ou que sais-je, Lucien préférait largement avoir le premier sous les yeux.

« Et si nous nous présentions enfin dans les règles, Nosferatu ? »

Cette histoire commençait de moins en moins à lui plaire…

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Mar 24 Juin - 16:02

Le mécène sourit dans un premier temps, il semblait apprécier le travail de mise en scène.
Evidemment, on pouvait penser que mes modèles étaient doués, de véritables comédiens, qui transmettaient si bien l'horreur et la peur... quels bons acteurs ! Mais le seul acteur de ces séances, c'était moi bien sûr, jusqu'à ce que je laisse tomber le masque, et alors... alors le véritable spectacle commençait.

Le sourire de Lucien disparut lorsqu'il vit les derniers clichés. Le silence était pesant. Excité comme une puce, j'attendais sa réaction. Allait-il se montrer choqué, allait-il aller jusqu'à manquer de vomir de dégoût ? Ou allait-il au contraire me féliciter pour cet excellent travail de maquillage et de mise en scène morbide ? En tout cas, il ne pourrait demeurer indifférent, ça non ! Ou alors il n'y connaissait vraiment rien à l'art, et je perdais mon temps.

Un mouvement de recul. Une main posée sur les yeux. Bon début.
Par contre, je ne m'étais pas attendu au rire amer. Celui-là, je ne savais pas quoi en faire.
Il s'avoua étonné. Me trouva surprenant. C'était tout ? Surprenant ? Certes, ces clichés n'avaient rien à voir avec les insipides photographies urbaines que je lui avais montrées précédemment, mais j'aurai préféré des qualificatifs plus forts.

Jusqu'à ce que survienne le terme "Nosferatu". Eh merde.
C'était pas possible. Sérieusement, sur des milliers d'amateurs d'art vivants à Los Angeles, il avait fallu que je tombe sur un putain de Toreador ? Parce qu'il ne pouvait être que ça, pour pouvoir percer mon déguisement ! Et pas un né de la dernière pluie, vu ma maîtrise de la dissimulation.
Putain !


Qui êtes-vous ?

Tout en me levant de mon fauteuil, je laissais tomber les traits de Chen Yu pour revêtir ma véritable apparence. Un corps putréfié, ravagé, rachitique, couleur de cendre. J'abandonnais également le doux parfum de fleur de cerisier de Chen pour reprendre mon odeur pestilentielle habituelle. Je portais toujours les vêtements de Chen, mais mon hideux visage et mes mains monstrueuses suffisaient à marquer le contraste.

Je crois qu'on a un problème...

J'étais sur la défensive évidemment, et ma voix reflétait cette tension. Je n'étais pas du genre à jouer les héros et ne tenais vraiment pas à me foutre sur la gueule avec le Toreador. Ils avaient beau avoir cette réputation de tapettes, c'étaient des tapettes qui frappaient vite. J'étais déjà prêt à saisir mon ordinateur et me jeter par la fenêtre, quitte à perdre mon studio, tant pis, ça vaudrait mieux que de perdre la tête. Parce qu'on avait aucun Lucien Clairmont dans le Sabbat, et même si c'était un pseudonyme, aucun de nos Toreador ne ressemblait à ce mec.

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Ven 29 Aoû - 13:57



« Je crois qu'on a un problème... »

Ah, décidément, il n’y avait pas à tortiller, cette apparence était des plus répugnantes ! C’était donc trop lui demander, que de garder la forme de Chen cinq minutes de plus, histoire d’épargner ses malheureuses rétines ? S’il avait su, Lucien aurait bien joué la comédie cinq minutes de plus juste pour repousser ce moment déplaisant où la vérité éclatait au grand jour et en grandes pompes. Mais l’heure n’était plus à la plaisanterie ou au plaisir, comme ce dernier en prenait finalement conscience. Ce n’était pas là de l’art, mais de la barbarie pure et simple, c’était tout ce qu’il y avait à retenir. Enfin non, pas seulement. Quelle que pouvait être l’étrangeté des Nosferatus ou de leurs mœurs, aucun de ceux de la Camarilla n’aurait pu se prêter à ce genre d’acte sans s’attirer de problèmes. Si certains vampires de la Camarilla jouaient avec les limites ou ne se montraient pas tous aussi civilisés et respectueux que d’autres vis-à-vis des mortels, ce genre de déviances n’auraient pas été cautionnées, ça non. A défaut de connaître les Rats de la Camarilla, le comportement de « Chen » le trahissait : c’était là un ennemi que Lucien avait en face de lui. Un ennemi apeuré qui plus est, qui se savait en position d’infériorité. Quelle ironie, pour lui qui n’était pas un combattant aguerri. Mais le temps faisait son œuvre et le renforçait, et il était clair que Chen en avait beaucoup moins derrière lui.

« Il semblerait bien… »

Qu’allait-il donc faire de ce petit Rat ? S’il détestait cordialement les Sabbatiques, en abattre un de sang froid alors qu’ils papotaient encore tranquillement il y a cinq minutes à peine, ce n’était décidément pas dans ses manières ou son tempérament. Ce n’était même pas une question de pitié ou du camp dans lequel ils se trouvaient respectivement, non. C’était simplement le fait que se débarrasser ainsi d’un ennemi après avoir ainsi échangé cordialement avec lui, ça ne se faisait pas, voilà tout ! C’était tellement digne des requins de l’Elyseum ce genre de manœuvres, le Toreador se refusait à faire de même. D’autant plus qu’il pouvait parfaitement tenter de tirer avantage de sa négligence… Négligence oui, car pour se rendre compte seulement maintenant de la véritable nature de Chen alors que tant de signes auraient pu et auraient dû le mettre en garde, il n’y avait pas d’autres mots que celui-ci pour résumer la situation actuelle.


[Alinéation 1 et Présence 3]


« Mais aucun problème n’est insoluble… Pourquoi ne pas vous rasseoir, que nous puissions en discuter calmement ? »

Il désigna le fauteuil de Chen tout en lui faisant cette proposition d’une voix douce et conciliante. D’ordinaire, les jeunes vampires du Sabbat ne savaient pas grand-chose sur les plans que tramaient leurs aînés. Mais c’était tout de même un Nosferatu qu’il avait devant lui. Tout jeune qu’il soit, il devait bien avoir une ou deux informations dignes d’intérêt que le Toreador pourrait lui soutirer de manière douce avant de décider ce qu’il allait bien pouvoir en faire. Toutefois le maintenir calme allait lui coûter, il ne pourrait se permettre de maintenir ce petit jeu éternellement, alors il fallait faire mouche, et rapidement.

« Je suis tout à fait disposé à vous laisser la vie sauve. Figurez-vous que exècre la violence. Toutefois, cette fleur que je vous fait ne sera pas gratuite… »

Lucien laissa ses mots faire leur effet un bref instant, avant de reprendre.

« Je ne vous demande pas grand-chose. Simplement des noms, des renseignements, des informations utiles… C’est peu cher payer pour continuer à jouir de l’immortalité, n’est-ce pas ? »


[Augure 4]


Qu’il ne tente pas de lui mentir ou de lui raconter des salades. Rien que l’ombre de l’intention d’un mensonge, et Lucien le lirait dans son esprit.


HRP:
 

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Lun 1 Sep - 15:29

[ hrp : pas de souci pour les pouvoirs, ça fait partie du jeu, tu peux continuer ^^ ]

On se serait cru dans un putain de western. Les deux protagonistes s'observaient, les yeux dans les yeux, la tension était palpable. On aurait presque pu entendre le bruit du vent derrière, et le début d'une musique d'Ennio Morricone. Le Toreador peinait à masquer son dégoût, le Nosferatu se crispait d'appréhension. Aucun n'osait bouger pour le moment. Ce serait à celui qui frapperait le premier.
Mais on n'était pas dans un film, bordel ! J'étais vraiment dans cette situation de merde jusqu'au cou.

S'il avait probablement l'avantage de la vitesse, j'avais celui de la force. Mon bureau était un vieux bloc en chêne massif ou une connerie du genre, que Lucien fasse seulement mine de bouger un orteil et je lui balançais dans sa belle gueule de toutes mes forces avant de sauter par la fenêtre. Tant pis pour l'ordinateur. Y'aurait sûrement moyen de récupérer les données, vu le niveau technologique du clan.
J'allais me faire engueuler. Mais au moins je n'allais pas crever comme un con.
Niveau prudence, j'avais sacrément merdé. Mais comment j'aurais pu deviner, aussi ? Trop de vampires dans cette putain de ville.

La confrontation que je redoutais n'arriva pourtant pas. Le Lucien ne devait pas être un combattant, ou ptet qu'il aimait bien ma sale gueule, en fin de compte. Il apaisa les tensions en proposant de s'asseoir et de discuter calmement. Pourquoi pas. Même si je me méfiais toujours, je me sentais d'un coup beaucoup moins crispé, soulagé en un sens de ne pas devoir avoir recours à la violence.
Je me rasseyais lentement, sans le quitter des yeux, mais à présent conscient que ça n'allait au final pas dégénérer.


La violence c'est pas trop mon truc non plus, surtout quand elle est pour ma gueule. On devrait pouvoir s'arranger.

Qu'attendait-il de moi ? Des renseignements ? Mouais, après tout, c'est ce qu'on me demandait tout le temps, hein. A croire que le fait d'appartenir au clan Nosferatu signifiait avoir un Wikipédia intégré et accessible sur simple demande.
La notion de trahison ne m'ébranlait pas vraiment, vu que j'étais plutôt du genre à offrir mon cul au plus offrant. Il suffisait de ne rien dire d'essentiel, genre les plans prévus par le vieux Ravnos pour infiltrer la Camarilla, on allait éviter. Mais y'aurait sûrement des choses dont nos chers ennemis seraient déjà au courant, et que je pourrais balancer sans que ça me coûte.


Posez vos questions, on verra ce que je peux vous répondre. Pas que je veuille pas vous aider hein ? Mais je compte bien continuer à "jouir de l'immortalité", comme vous dites.

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Ven 5 Sep - 16:27



Bon, il avait calmé son vilain petit canard, et maintenant, qu’allait-il bien pouvoir faire ? Oh, la réponse était toute simple, il allait le questionner, mais à quel propos exactement ? Il n’était pas très au fait des derniers agissements du Sabbat. De plus, cette situation ne lui convenait pas du tout… Jouer les inquisiteurs, très peu pour lui, cela ne lui ressemblait tellement pas ! Et avoir un sabbatique en face de lui…

Depuis combien de temps ne s’était-il pas retrouvé ainsi face à un membre de la Secte Honnie ? Beaucoup trop longtemps sans doute. Trop égoïste et hédoniste, trop occuper à satisfaire ses envies et à se faire plaisir, trop occuper à effleurer le monde des ténèbres sans jamais y pénétrer totalement. Mais voilà que la réalité du Sabbat le rattrapait, ce spectre toujours présent mais rarement vu en face en ce qui le concernait. Quand bien même cette bataille ne serait pas physique, il n’était fait pour en livrer d’aucune sorte. Pas l’envie, aucun désir de toucher ce qui aurait pu lui rappeler des échos de son passé. Aujourd’hui, il était Lucien l’Amuseur, l’Arlequin Narcissique, l’Artiste Masqué. Et pour rien au monde il n’aurait souhaité que cela change.

Mais il s’était inconsciemment mit dans une situation qu’il devait résoudre, et même retourner à son avantage
.

« Je veux connaître les noms de toutes les personnalités importantes présentes à Los Angeles, ainsi que tous ce que vous pourrez me dire d’elles. »

Il ne se sentait pas très inspiré, ça non. Le Prévôt, ou même de simples Sentinelles auraient sans doute eu des questions plus ciblées que lui, mais il fallait bien à un début à tout. Que pouvait-il tenter d’autre ? Le capturer aurait pu éventuellement se révéler intéressant, enfin s’il avait réellement des informations dignes d’intérêt. Mais comment procéder ? Il allait forcément voir le coup venir, et Lucien ne se sentait pas réellement de jouer ce jeu-là. S’il forçait, il risquait d’avantage d’attirer l’attention et de provoquer un bris de mascarade involontaire que de réussir à berner et piéger le Nosferatu.

« Je veux également savoir si l’on vous a confié quelques… travaux particuliers dernièrement. »

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Lun 8 Sep - 23:08

Mais c'est qu'il commençait à prendre un peu trop la confiance le p'tit Toreador là !
En gros il me demandait de tout lui révéler sur le Sabbat en présence. C'était loin d'être "pas grand chose" comme il l'avait annoncé. Il voulait un rapport complet, du genre de ceux que je remettais à mon clan. Et même si j'étais tout petit comparé à un Sacha Khitrik ou à un Phosphoros, je savais tout de même pas mal de choses.
Et en plus il me demandait mes propres projets ? Là, il pouvait toujours se brosser !

Finalement, heureusement que j'étais tombé sur un Toré, et pas l'un de ces chiens de Ventrue ou Tremere, qui avaient une fâcheuse tendance à vous retourner l'esprit en moins de deux.
Là, je gardais mon libre arbitre, et j'étais toujours en mesure de marchander.


Je vous propose un truc. Un nom contre un nom.
Mettons que j'oublie ce qui s'est passé ici ce soir. J'ai passé la nuit à barboter dans mes égouts, tranquille, et je n'ai jamais rencontré de Lucien Clairmont, amateur d'art et Toreador de la Camarilla.


Je comptais beaucoup sur ma chance sur ce coup-là, et espérais qu'il s'agissait de son véritable nom. Après tout, il pouvait être plus en danger que moi : il ne connaissait pas mon vrai nom, et mon visage pouvait changer quand ça m'arrangeait. Au pire, j'aurais juste à me dégoter un nouveau studio pour mes séances de photos.
Alors que lui, même s'il était partiellement masqué, me montrait sa véritable apparence, et avec un peu de chance, sa vraie identité.

Pour le coup, en admettant qu'il pouvait fouiller dans ma tête ou dans mes sentiments, je ne lui mentais pas. Je comptais bien ne pas parler de cette soirée. C'était un coup à me faire défoncer par mon couard de Sire, qui m'avait recommandé la discrétion.
Or, inviter un ennemi chez soi n'était pas vraiment l'acte le plus prudent du monde.

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Sam 13 Sep - 11:37



En entendant les paroles de « Chen », Lucien ne retint fortement de grimacer ou d’esquisser le moindre geste qui aurait pu montrer que les paroles du Nosferatu avaient fait mouche. Il allait être temps pour lui qu’il apprenne à ne pas sous-estimer l’intérêt d’user de noms d’emprunt, mais surtout qu’il en utilise un justement. Comme à son habitude, il s’était présenté sous son identité réelle de vampire. Oh, il avait bien quelques fausses informations à son sujet qu’il utilisait dans le monde mortel lorsqu’il n’avait pas d’autre choix, mais cela restait rare. La plupart du temps, il préférait faire figurer d’autres noms que le sien, à savoir celui de ses goules, permettant ainsi de pouvoir présenter une personne physique plutôt que de compter sur une identité fictive.

Suivant brièvement le schéma de pensées du Nosferatu qui bondissaient d’idées en idées, le Toreador était en parfait accord avec lui bien qu’il se garda de le faire savoir. Si cette rencontre s’ébruitait, cela allait lui attirer quelques ennuis, peut-être d’avantage. Le fait qu’il restait toujours un minimum distant avec les intrigues de la Camarilla, ce que certains n’appréciaient pas ou ne comprenaient pas, et voilà de quoi lui causer de sérieux soucis effectivement. A moins qu’il ne laisse pas repartir le Nosferatu. Qu’il règle définitivement le problème. Mais là, il y avait blocage.

De plus, l’hideux artiste voulait négocier. C’était le genre de tâche que Lucien déléguait, mais il en savait toutefois suffisamment en matière de négociation pour savoir qu’on se permettait de le faire lorsqu’on savait que l’on possédait un avantage.


« Ne jouez pas trop avec votre chance. Le dénommé « Phosphoros ». Faite-moi part de ce que vous pouvez me dire de lui. Ensuite je quitterai cet endroit sans vous causer le moindre tord. »

Il se demanda si c’était vraiment la meilleure chose à faire. Il ne sentait aucune volonté de duplicité que ce soit dans l’esprit ou dans l’aura du Nosferatu, mais cela ne concernait que l’instant présent. Il pourrait tout aussi bien trouver l’opportunité de lui nuire plus tard. Mais pour le Toreador, cette rencontre déplaisante n’avait que trop duré, il était temps d’y mettre fin. Privilégier la fuite plutôt que le combat, duquel il aurait pu se sortir s’il l’avait voulu. Ce n’était peut-être pas très courageux, mais le courage ne réussissait pas nécessairement les personnes qui en faisait preuve.

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Mer 17 Sep - 13:30

Le charmant Lucien gardait un visage de marbre derrière son loup de cuir, et tâchait de ne trahir aucune émotion. On me l'avait dit pourtant, qu'il fallait pas faire confiance aux gens qui portaient des masques. Ce qui ne manquait pas d'ironie, d'ailleurs, au sein du clan des masques, où l'on se montrait rarement à visage découvert. Mais chez nous on préférait l'appellation de "rats", et notre apparence ne détonnait pas trop, vu les monstres qu'on pouvait se coltiner dans le Sabbat.

Le Toreador m'épargna la peine de choisir un nom, et me donna celui de Phosphoros. Amusant. Je comptais justement parler de lui. La Camarilla était donc déjà au courant de son existence. C'était souvent le problème avec les vampires vieux, ils se croyaient tellement au-dessus de tous qu'ils faisaient preuve d'un manque crucial de prudence.
Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui dire ? Il en savait déjà beaucoup, semblait-il. Mais je n'allais pas jouer aux devinettes, je sentais que mon hôte commençait à s'impatienter.

Je levais un index décharné pour indiquer de patienter quelques instants, puis je me retournais. Ouais, je lui tournais carrément le dos. Risqué, hein ? Mais s'il avait voulu m'attaquer, il l'aurait déjà fait, n'est-ce pas ? Espérons-le. Cela ne dura qu'un bref instant, de toute façon.
Quand je lui fis face à nouveau, ce fut sous l'apparence d'un homme cinquantenaire, au visage rond et déjà ridé, aux yeux de glace. L'apparence de Phosphoros.
Je l'avais déjà prise, lorsque le Ravnos nous avait demandé de lui parler de nos capacités.


Vous connaissez déjà mon nom. Voici mon visage, celui que je montre à mes brebis. Je suis un vieux Ravnos, un mystificateur, un maître des cauchemars. Nombreux sont les frères qui ne me font pas confiance, et pourtant ils m'écoutent, car je suis l'un des conseillers de notre secte. Un poste important, cependant je ne suis pas là pour diriger, même si je me charge de notre organisation en attendant qu'un nouveau chef se pointe, ou soit désigné.
Je me montre en public accompagné d'un vampire asiatique qui dit avoir plus de neuf-cent ans. Un bien étrange personnage.
J'ai des plans pour l'avenir de cette ville, mais je ne les dévoile pas à tous. Chacun reçoit ses petites directives.
Je veux un Sabbat uni, pour vaincre la Camarilla. Mais cela, vous auriez pu vous en douter.


Je terminais mon petit numéro sur un grand sourire, dévoilant les dents de nacre du Priscus. J'imaginais que ce sourire devait être déstabilisant, au vu de la folie qui pouvait transparaître du personnage.

Voilà ce que je peux vous dire. Je terminerai par un conseil : si vous recroisez ce visage, monsieur Clairmont... Planquez-vous, ou priez pour le salut de votre âme. Car il est probable que vous y perdiez l'esprit, ou votre si précieuse non-vie.

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MessageSujet: Re: Le mécène et l'artiste   Sam 27 Sep - 15:47



Lorsque je jeune Rat lui tourna le dos, Lucien ne put retenir un haussement de sourcil interrogateur. Même lui, aussi insouciant et négligeant soit-il, il ne se serait pas risqué à pareil geste. Il avait au moins ce réflexe-là, ce qui était mieux que rien, non ? Bien sûr, il n’allait pas en profiter… Et le Rat lui-même le savait. Lucien comprit mieux de quoi il était question lorsqu’il se retourna pour lui faire face sous les traits d’un vieil homme qui ne lui inspirait ni confiance ou sympathie.

Tel que l’avait deviné Lucien, le Rat lui confirma par ses paroles qu’il s’agissait là du dénommé Phosphoros, l’individu qui faisait tant trembler le Clan de la Rose ces derniers temps. Un conseiller de la Secte Honnie ? A la recherche d’un nouvel Archevêque ? L’ennemi n’avait semble-t-il pas lésiné sur les moyens, et mettait également la barre haut pour rabattre ses serres sur la ville. Ah, mais pourquoi diable avait-il fallu qu’il tombe sur un Sabbatique ? Il n’avait aucune envie de se retrouver mêlé à tout cela dans le fond. A quoi bon, alors que d’autres que lui étaient bien plus aptes à mener la lutte contrairement à lui qui n’avait aucun goût pour cela ? Il devrait partir loin, quitter la ville avant que la situation ne dégénère. Il aurait pu y penser longtemps, mais dans le fond il savait pertinemment qu’il ne le ferait pas. Los Angeles était devenue son chez lui. Il avait déjà trop connu l’errance dans sa non-vie pour avoir l’envie d’y goûter à nouveau maintenant.

Lorsque son interlocuteur eut finit son petit monologue et qu’il lui jeta un sourire dérangeant ainsi qu’une ultime mise en garde, le Toreador se sentit glacé de l’intérieur malgré lui. Là maintenant, il n’avait plus qu’une envie : quitter cet endroit, retourner chez lui et y rester pour le restant de la nuit, à tenter d’oublier la douce folie qui suintait de ce dérangeant personnage, pourtant simple illusion qu’il aurait facilement pu percer par son augure. S’il en ignorait la raison, il avait un bien mauvais pressentiment à la vue de ce Phosphoros. Quelque chose qui lui faisait froid dans le dos, un instinct primaire, un avertissement qui disait :
« Plus tu te trouveras loin de ce type, mieux tu t’en porteras. ».

Avec légèreté et sans brusquerie, Lucien se leva de sa chaise, ne quittant pas le Rat des yeux.

« Je vous remercie pour votre franchise, et sur ce, je vous quitte comme promis… »

Ce n’était même pas une question de parole. Il fallait qu’il parte, autrement son malaise ne ferait que s’accentuer. Rompant le lien télépathique et son aura de présence, il gagna la porte d’entrée tout en gardant un œil sur le sabbatique, puis quitta l’appartement pour de bon.

Spoiler:
 

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