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 C'est qui le Taulier?

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MessageSujet: C'est qui le Taulier?    Ven 5 Avr - 14:38

    "Rendez-vous au Midnight "

    Le papier était usé et puait la mort. Sans doute l'encre utilisée, mais alors nom de dieu que ça schelinguait. Elle l'avait repliée et placée cet immondice dans l'enveloppe kraft sans nom, ni adresse aussi bien destinataire que expéditeur.
    Depuis son retour elle avait repris son appartement au-dessus de boutiques plus louches les unes que les autres dans Chinatown.
    Bah quoi, c'était son droit si elle aimait bouffer asiatique au petit déjeuner.
    Quoi qu'il en soit, à l'odeur c'était pas difficile de deviner qu'il s'agissait de Dan, un de ses collègues qui depuis un mois matait son cul ouvertement et qui commençait à la gonfler au plus haut point.

    Le Midnight club… une boite de nuit saturée en tout genre de sons divers et variés qui explosait les tympans des protagonistes. Des humains ivres morts… tout ce qu'il fallait pour prendre une king size cuite. Après tout pourquoi pas? Pourquoi ne le pourrait-elle pas?
    Un sourire au coin des lèvres, elle se laissa tomber en tailleur sur son matelas défoncé. Au moins un truc qui n'avait pas changé dans ce taudis, c'était bien le mobilier. La gazinière ne fonctionnait plus que par intermittence, faisant la plupart du temps sauter les plombs de l'appartement. Le frigo faisait un bruit à tout casser et servait de radiateur lorsque la température baissait, mais c'était bien suffisant pour garder quelques pochettes de sang en cas de nécessité.

    Après quelques minutes d'immobilité, elle se leva en bondissant sur ses pieds et un air passablement connu en tête elle retira ses vêtements qu'elle égraina jusqu'à la salle de bain. La loupiote de la pièce d'eau clignotait faiblement et grésillait lamentablement. Le calcaire était incrusté dans la porcelaine du bac à douche et de l'évier. Les joints qui avaient dû être blanc à une époque étaient pratiquement noirs maintenant. Peu de personnes auraient voulu habiter ici et pourtant c'est ce qu'elle faisait, elle. Ravie de payer un loyer de misère pour l'équivalent d'un T3 au centre de Chinatown.
    Après avoir passé dix minutes sous l'eau claire, elle se sécha et enduisit son corps d'huile d'Argan pour la parfumer délicatement, comme à son habitude. Inutile de se maquiller, elle ne le faisait que lorsque c'était utile pour une mission.

    Après avoir passé ses sous-vêtements d'un rouge vif insolent, elle ouvrit son armoire pour voir qu'elle était au combien désespérément vide. Derechef un sourire, celui-là plus espiègle et un brin nostalgique lorsqu'elle sortit un mini short et une tunique blanche sur laquelle restait une petite trace rosée au niveau du départ de l'échancrure du décolleté.
    Par réflexe elle attacha à sa cuisse un petit poignard et enfila sur ses épaules un perfecto en cuir. Avec ça ses sempiternelles rangers usés.
    Une allure particulière mais reflétant parfaitement la demoiselle, et qui, si elle ne faisait rien de particulier, pouvait passer inaperçue dans une foule.
    Elle glissa son téléphone dans sa poche, et c'est les cheveux encore un peu humides qu’elle ferma la porte à clé de son appartement avant de descendre faire du pouce jusqu'à Venice. Après il lui faudrait marcher, ce qui en soit n'était pas un mal, les américains avaient tendance à être beaucoup trop gras à son goût.
    Aller savoir où ça avait traîné. Elle aimait pouvoir tracer la provenance du sang qu'elle buvait ou tout du moins, avoir la qualité.

    Elle n'était pas encore entrée que déjà elle entendait les basses à l'extérieur du bâtiment et voyait la porte d'entrée se contracter sous l'impact du son. Passer le videur n'était pas en soi une épreuve de force. Elle s'attira les regards furibonds des quelques bimbos maquillées comme des voitures volées lorsqu'elle remonta la file d'attente. Elle n'adressa pas un sourire au videur, pas plus qu'elle semblait le défier mais lui présenta une sorte de carton d'invitation qu'il ne pouvait refuser. La corruption était l'essence même de Los Angeles et parfois Jackson, Grant et Frankin pouvait aider à voir les portes s'ouvrir.
    Le pas de la porte franchi, la musique lui satura l'ouïe et il lui fallut quelques secondes d'adaptation. Au vestiaire elle posa sa veste et glissa le ticket dans la poche arrière de son short. Inspirant profondément l'air rempli de fumée artificielle, de sueur et d'excitation, elle se laissa aller à penser que la soirée pourrait peut-être être amusante. Elle laissa ses sens la guider, remarquant quelques goules et vampires dans le personnel de l'établissement, pas réellement étonnant en soit.

    Lentement, en jouant un peu des coudes, elle gagna le bar, lieu de passage obligé pour paraitre normal. Là, elle se fit offrir un verre et accoster par un gros lourd. Au moins c'est lui qui déboursait, pas elle.


    - Un verre ma jolie?
    - Un Rhum sec
    - C'est pas un peu fort pour toi fillette?
    - T'es née lourd, ou tu l'es devenu?
    - Aller ma belle, le prends pas comme ça.

    Elle soupira, attendit un moment que le verre arrive à sa hauteur sur le comptoir avant de prendre une décision. Lui exploser la bouteille de gin posée devant eux sur la tête ou le remballer poliment et s'éloigner. Réfléchir…. après tout le génocide de masse est une activité physique très intense et très exigeante… elle n'était pas d'humeur à tuer ce soir, encore moins des humains. Elle avait beau les protéger parfois ils lui tapaient réellement sur le système.

    - Alors que fais une jeunette comme toi ici?
    - … Une belote, laisse tomber, je les prends pas au berceau et j'ai horreur des hommes.

    Sans un mot de plus elle s'éloigna jusque sur la piste de danse. Sous les lumières mauves le blanc de sa chemise ressortait différemment et teintait sa peau aux couleurs d'épice. Elle commença alors à danser au son de la musique, ses pas étaient ceux de son ethnie mais lentement un petit vide se créa autour d'elle sans qu'elle en ait réellement conscience. La nuit allait être longue alors autant s'amuser un peu pendant qu'elle le pouvait. Dan la trouverait bien trop tôt malheureusement, à moins qu'un imprévu se profile, après tout, le monde de la nuit était insondable.
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Roberto Giovanni
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Ven 5 Avr - 15:26

Cela faisait, quoi ? Trois mois, que le Midnight était ouvert ? Et c'était plutôt une réussite, j'étais assez fier de moi. La partie night-club en tout cas fonctionnait du tonnerre, mais dans un quartier comme Venice ce n'était pas étonnant. Les salons privés, en revanche, n'avaient pas encore le succès que j'escomptais. Pas facile de faire venir des vampires...
Les démarches avaient été longues pour ouvrir l'endroit. Déjà, il y avait eu toute la paperasse administrative humaine. Pas trop compliqué, quand on a de l'argent et des influences, mais c'était long. Puis il avait fallu réunir un peu la famille, convaincre quelques frères, cousins ou autres de venir filer un coup de main, et créer quelques serviteurs pour l'occasion... La plupart du personnel appartenait au clan. Même le "personnel" qui n'était pas visible, en tout cas pas à l'oeil nu, pas pour les mortels. Le genre de personnel asservi pour l'éternité bien utile pour calmer les petits malins venus pour foutre le bordel.
Mais le plus long, ça avait été d'obtenir les accords du Prince et de l'Archevêque, sans quoi je n'aurai jamais pu ouvrir l'établissement en toute sécurité. J'y étais finalement parvenu, après quelques services rendus, et la promesse de faire des salles à part pour les deux sectes. Imaginez le carnage si j'avais mis des sabbatiques et des camaristes dans la même pièce...
Bref, l'affaire était lancée ! Et au niveau vampirique, je n'avais pas encore beaucoup de clients... Il fallait le temps que les rumeurs se propagent, le bouche à oreille peut prendre du temps quand on dort toute la journée, et dans une ville aussi grande. Mais je ne désespérai pas, ça viendrait ! L'essentiel était que la partie humaine rapportait suffisamment pour qu'en une petite année le projet soit remboursé et devienne largement rentable.


Une nouvelle nuit où la fête battait son plein. Le dance-floor était plein à craquer, l'alcool coulait à flot, les barmen étaient débordés, le DJ s'excitait sur sa platine. Tout semblait aller comme sur des roulettes. Je faisais mon petit tour d'inspection habituel, et m'arrêtais pour discuter avec le petit personnel et quelques connaissances du milieu humain de la nuit. A priori, pas de nouveau client aux dents pointus à l'horizon.
Quoi que...
Ce fut l'un des serveurs qui attira mon attention sur elle. Il me désigna l'une des pistes de danse et me dit, le regard lubrique :


Hey patron, reluque la ptite black sur la piste 3 ! Joli déhanché !

Je la reconnus immédiatement. J'aurai repéré cette tignasse frisée entre cent. Et puis, il me semblait bien qu'elle portait les mêmes habits que lors de notre dernière rencontre dans le parc, il y a quelques mois... Je n'avais pas eu l'occasion de la revoir depuis, et pourtant j'y avais souvent songé.
La belle guerrière... en train de danser sur de la musique techno.
Surréaliste.
Elle me surprendra toujours.
Je souris au serveur avant de l'avertir :


C'est chasse gardée mon grand.

Et je m'avançais vers elle, indifférent aux protestations du barman.
J'entrais sur la piste alors que la musique s'arrêtait. J'avais quelques instants devant moi avant que le bruit ne couvre de nouveau toutes les conversations. J'arrivais dans le dos de l'Assamite, en songeant que dans d'autres circonstances ce genre d'approche aurait pu être suicidaire, et je lui glissais à l'oreille d'un ton taquin :


Je ne savais pas que la danse faisait partie de tes spécialités.

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Ven 5 Avr - 22:05

    Les basses raisonnaient dans la totalité de son corps, grondant dans ses entrailles, lui donnant l'illusion éphémère qu'elle avait un cœur qui battait. Cocatrix futile alors qu'elle savait que depuis le temps elle était une morte revenue à la vie.
    Malgré cela, elle gardait cette volonté de se faire passer pour une humaine, aux yeux des autres, même de ses confrères et consœurs lorsque ceux-ci n'utilisaient pas leur dons obscurs pour identifier les gens autour d'eux comme elle l'avait fait en entrant.

    Le vide qui se créait autour d'elle alors qu'elle dansait la rendait sereine, c'était comme une sécurité, elle n'avait pas de capacité en action, mais ses sens sauraient la prévenir si quelqu'un entrait dans son espace, tout du moins pour un humain normal. Elle n'avait pas conscience d'attirer les regards sur elle. Après tout, son rapport avec son physique était bien loin de celui des Toreadors ou des Ventrus, son corps était une arme qu'elle veillait à toujours bien aiguiser, ses atouts féminins, un appât parfois pour les cibles qu'elle devait faire passer de non-mort à mort véritable.
    Si bien que les regards lubriques ou intéressés la laissait de marbre, d'ailleurs, comment réagir à des choses que l'on ne connaissait que de manière théorique.
    Cette nuit elle oubliait la réalité qu'était la sienne, le boulot qui prenait 99,9 % de sa vie. Si l'on faisait réellement attention à ses mouvements, lorsque la tunique voletait, il était parfois possible d'entrevoir la lame qui accrochait de temps à autre la lumière d'un spot, les humains, eux, ne voyaient rien comme de bien entend. Trop ivres, trop occupés à se livrer à leurs vices, sexe et drogue, pour prendre conscience de tout ce qui les entouraient. En revanche, les quelques vampires qui n'étaient pas loin eux pouvait entrevoir cette éventuelle menace. Mais de nos jours, qui ne sortait pas couvert?

    Le silence après le morceau de Debstep suffisait pour que la soirée bascule totalement dans ce qu'elle n'aurait jamais imaginé en venant ici.
    Dans son dos, une voix qu'elle connaissait bien, une odeur qu'elle avait déjà sentie et qui était remplie de souvenirs plutôt agréables. Si il ne s'était pas annoncé, elle lui aurait sans doute tordu le poignet et passé la lame sous la gorge, mais contrairement à ce qu'elle aurait pu faire, un sourire illumina son visage lorsqu'elle se retourna.

    - Roberto! Ignori molta cosa al mio argomento.
    Che cosa fai là? Danzare con me? O tu sei giusto venuta a cercarmi per un corpo di corpo?


    L'espace qui s'était formé lorsqu'elle dansait, se dissipa au fur et à mesure, les obligeant à se rapprocher dans ce flot d'humains qui ne réclamait qu'une chose, du son, et du bon son.
    Le DJ n'allait pas se le faire dire de fois et il serait bien plus difficile de se parler.
    Près du bar à peu près en face d'eux, le fameux Dan fulminait de voir celle qui croyait être sienne sourire à un homme.
    C'était quoi ce délire, lui il n'avait jamais eu un seul sourire et voilà qu'elle faisait la poule devant ce vieux tromblon.
    Rageur, il enquilla rapidement le verre de téquila qu'il avait commandé dans un reniflement sonore, il s'essuya la bouche du revers de sa main et marcha d'un pas rapide jusqu'à eux. Son odeur était facilement identifiable et peu agréable.
    Sans un avertissement plus qu'un :


    - HEY!! Mec!!!

    Il posa sa main sur l'épaule du Giovanni pour l'obliger à se retourner. Shanka inclina la tête de côté pour mieux voir ce qu'il se passait et roula les yeux au ciel en voyant Dan. Elle était navrée pour lui et désolée à la fois. Parfois il lui faisait réellement pitié. Bah, elle n'était peut-être pas obligée d'intervenir tout de suite. Peut-être que le bel italien saurait se sortir de cette embrouille avec un simple humain.

    - Tu joues à quoi avec ma meuf, trou d’uc?

    Sa meuf, elle faillit s'étrangler en entendant ça. Finalement peut-être allait-elle lui arracher les cordes vocales pour qu'il arrête de dire des conneries plus grosses que lui. Franchement elle, être avec un homme, surtout un comme lui? C'était rêver tout debout.
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Lun 8 Avr - 17:36

Elle n'avait pas sursauté, pas même l'ombre d'un tressaillement, lorsque je lui avais parlé à l'oreille. Malgré la danse, elle devait avoir l'habitude d'avoir constamment ses sens en éveil, et je doutais de pouvoir la surprendre... Mais ça ne coûtait rien d'essayer.
En tout cas, elle m'adressa un joli sourire, et me répondit en italien. Ah oui, la belle parlait ma langue natale, et les mots chantaient dans sa bouche.

Elle me demanda notamment ce que je faisais là... Alors elle n'était pas au courant ? Cocasse ! Une rencontre purement fortuite alors, le fruit du hasard total si cette vampire venait dans mon établissement ?
Décidément, nous étions abonnés aux rencontres par hasard tous les deux... Si j'avais cru au destin, j'aurais pu penser qu'il s'amusait bien.
Elle demanda aussi si je venais pour danser avec elle, ou pour un corps-à-corps. Je souris, amusé par le côté taquin de la question, et m'apprêtais à répondre que je n'oserai peut-être pas me risquer à un corps-à-corps avec une fille comme elle, lorsqu'une main se posa sur mon épaule, signe d'une présence beaucoup moins agréable.

Je me retournais pour faire face à un homme qui portait tous les signes habituels et dégradants de l'ivresse et de la bêtise. La première pensée que j'eus, c'était qu'il allait salir mon joli costume avec ses pattes toutes sales. Puis il désigna Shanka comme étant sa "meuf", ce qui me fit sérieusement tiquer : un type comme ça, avec une femme comme Shanka ? Impossible ! Je jetais un coup d'oeil à l'Assamite qui ne semblait pas vraiment emballée par sa présence, et cela me rassura.
Bien, à présent il s'agissait de se débarrasser de l'inopportun. D'autant plus que plusieurs personnes autour s'étaient arrêtées de danser pour regarder la scène, sans doute espérant une bagarre. Mais j'étais beaucoup plus raffiné que cela, et il était hors de question que je provoque un esclandre dans mon propre établissement.
Je plongeais mon regard dans les yeux troubles du bonhomme, et lui dit calmement :


Je crois que tu as un peu trop forcé sur la vodka, "mec". Tu devrais rentrer chez toi tranquillement.

Immédiatement l'humain se détourna pour descendre de la piste et prendre le chemin de la sortie. Le spectacle était terminé. L'esprit humain était tellement simple à manipuler... d'autant plus lorsqu'il était brouillé par l'alcool. Aucun challenge !
Mais en tout cas, nous en étions débarrassés. J'avais été tenté de rajouter un ordre pour lui interdire de s'approcher de Shanka à nouveau, mais je m'étais finalement ravisé en songeant que je n'avais pas à me mêler trop de ses affaires, et qu'elle voudrait peut-être régler ça elle-même.

L'incident étant passé, les gens reprirent leurs danses. Pour ma part, je lissais l'épaule de ma veste et me retournais vers l'Assamite.


Bien ! Il y a des gens peu fréquentables dans ce night-club...
On pourrait aller dans la partie VIP si cela te tente, il y a des salons privés.


Pour le moment, je me gardais bien de révéler que ces salons étaient réservés aux vampires, et que j'en avais la charge. Ces données auraient risqué de fausser la donne pour la réponse de la demoiselle. Et puis, je voulais garder la surprise !

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Sam 13 Avr - 10:15

    En un sens Roberto l'avait surprise. Jamais de sa vie, jusqu'alors - son sire excepté - elle n'avait été aussi ravie de revoir un vampire, un homme de surcroit. Ce sourire qu'elle lui offrait valait de l'or mais il ne devait pas en avoir conscience. Tout comme elle n'avait pas réalisé que la joie de le revoir se lisait sur ses traits qui en temps normal restaient très souvent hermétiques à tout ce qui se passait autour d'elle. Par réflexe elle s'était adressée à lui en italien, ou était-ce là un clin d'œil à leur première rencontre à l'aéroport de Los Angeles, il y a maintenant quelques temps. Quoi qu'il en soit, elle était ravie de le revoir. Et dans sa proposition de corps à corps il n'y avait pas l'ombre d'une invitation tendancieuse pour elle. Comment cela aurait-il été possible alors qu'elle ne connaissait rien dans ce domaine et qu'il n'y avait pas plus novice qu'elle dans le jeu de la séduction. La plupart du temps il fallait prendre ses mots au pied de la lettre, surtout s’ils avaient une connotation lubrique.

    Combien de chance y avait-il pour que, depuis son retour, elle croise totalement par hasard ce Giovanni? Jusqu'alors leur rencontre semblait n'être qu'une succession de coïncidences les réunissant au même endroit, au même moment.
    Elle contemplait ce visage qu'elle appréciait, cette barbe de trois jours artistiquement entretenue lui donnant cet aspect de canaille qu'elle affectionnait particulièrement sans pour autant se l'avouer. Ses cheveux quelque peu poivre et sel, avec cet effet coiffé décoiffé, la faisaient sourire légèrement. Après tout, pour elle, Roberto était bel homme, d'un point de vue purement générationnel cela la plaçait dans une situation étrange sans qu’elle en ait conscience cela dit, puisque qu'elle ne voulait pas approcher d'homme de trop près.
    De par son âge véritable, elle pourrait être une cougar, sans l'ombre d'un doute, quant à son âge apparent et bien peut-être était-elle sensible au charme des quadragénaires, ou était-ce un complexe œdipien enfoui. Mais jamais depuis qu'elle foulait se monde elle ne s'était retournée plus que ça sur un jeune minet de son "âge".
    Alors qu'il allait lui répondre, une voix qu'elle ne connaissait que trop bien les interrompit et ce qu'elle entendit ne lui plut guère.
    Elle ne vit pas Roberto lui jeter un coup d'œil, mais, elle avait déjà sa main qui glissait le long de sa cuisse pour venir se poser sur le cuir accroché à celle-ci. L'italien pouvait sans peine voir la lanière de cuir ceinturer la peau satinée de l'Assamite, et le grondement qui commençait à s'élever de sa gorge ne présageait rien de bon. Qu'il dise une autre connerie dans ce genre ou qu'il pose la main sur elle et son sort serait scellé sans le moindre doute.
    Oh non bien sûr elle ne l'aurait pas tué dans cet endroit rempli d'humains, mais l'envie ne lui en manquait pas.
    Le propriétaire de la boite prit rapidement les devants et lui intima de sortir et de rentrer chez lui tranquillement.
    La suite fit retrouver son calme à la tueuse. Dan partit trop vite, trop facilement, elle se doutait de ce qu'il s'était passé. C'était plutôt judicieux de la part de son partenaire.


    - Ok, je te suis.

    Rien de plus à ajouter. Après tout elle était toujours des plus directes dans sa façon de s'exprimer et ses non-dits tout comme ses sous-entendus étaient gardés lorsqu'il y avait d'autres vampires dans son environnement proche. D'un pas léger et souple, presque félin, elle suivait son guide. Son regard aux couleurs de glacier illuminés par le soleil d'été suivait la silhouette devant. Sous la lumière des projecteurs, la peau de la sœur des couteaux semblait plus satinée que de coutume et lui donnait par moment des reflets dorés sur sa teinte naturellement sombre.
    Elle n'était pas déçue de quitter la piste pour pouvoir discuter un peu plus avec Roberto. Après tout que faisait-il ici? Elle n'avait toujours pas sa réponse. Cela faisait quelques temps qu'elle avait dû quitter L.A pour des raisons professionnelles et elle n'avait pas encore fait le tour de tous les changements qui s'étaient produits. Bien sûr elle avait signalé sa présence aux Camaristes et aux Sabbatiques, mais cela s'arrêtait à cela. Aucun des deux clans ne connaissait son réel visage. En fait, peu de monde connaissait son vrai visage. Roberto en faisait partie entre autre.


    - D'habitude les salons VIP ne sont-ils pas à l'étage?

    Elle souleva un sourcil interrogateur lorsqu'elle aperçut un escalier qui descendait. Où voulait-il l'emmener? Par réflexe et instinct elle posa sa main sur celle de Roberto. En cas de problème elle pouvait agir ainsi. Elle espérait simplement que ce ne soit pas un coup fourré. Après tout elle était peut-être réellement devenue paranoïaque depuis toute ces années à vivre en solitaire et à tuer ses semblables.
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Dim 14 Avr - 15:57

Lorsque je m'étais retourné vers elle, j'avais juste eu le temps de remarquer qu'elle enlevait la main de sa cuisse, là où sous le short dépassait une lanière de cuir.
Ma belle guerrière... Toujours méfiante, et redoutable.
Il faudrait que je songe à instaurer des fouilles à l'entrée, pour éviter les armes dans l'établissement. Même si nous pouvions bénéficier d'une excellente protection grâce aux talents de la Famiglia, on n'était jamais trop prudents.
Mais d'un autre côté, je n'aurais pas aimé être à la place du pauvre type qui aurait du demander à une Assamite de lui confier ses armes...

Bref, j'avais pu renvoyer le type lourd sans faire d'esclandre, et elle semblait se détendre un peu. De toute évidence je lui avais rendu service... Qu'est-ce qu'une fille comme elle pouvait bien avoir à faire avec un stupido comme lui ?
Je lui fis remarquer d'ailleurs, sur le ton de la plaisanterie :


Je savais que les filles comme toi étaient plutôt du genre humanistes, mais pas jusqu'à faire dans l'humanitaire... C'était quoi ce type ?

Elle accepta de me suivre, et nous quittâmes la piste de danse pour nous diriger vers le fond de la salle, pour emprunter un escalier qui descendait. Un de mes hommes gardait l'escalier, il nous laissa passer en me glissant un petit sourire au passage, lourd de sous-entendus. Cela ne me gêna pas, mais j'espérais que Shanka ne l'avait pas remarqué. S'amuser au jeu de la séduction avec une Assamite était sans doute dangereux. Mais j'étais bien tenté pour m'y risquer, en douceur.

Cependant, elle sembla réticente au moment de la descente, puisqu'elle empoigna ma main en demandant si les salons VIP n'étaient pas sensés être à l'étage.
Je me stoppais net, l'imaginant déjà me retourner le bras et me planter son joli poignard dans le dos.
J'avais peut-être beaucoup d'imagination, mais elle n'était pas la seule à être prudente et méfiante.
En tâchant de dissimuler mes inquiétudes, je lui répondis lentement, sans me retourner vers elle :


Première visite au Midnight, hum ?
Ici les salons privés sont au sous-sol, et réservés à une clientèle bien précise.


Ayant déjà préparé ma prochaine réplique, je tournais juste la tête vers elle pour voir son expression quand j'ajoutais :

Tu préfères tester le salon de l’Épée, ou celui de la Tour ?

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Dim 14 Avr - 19:20

    Elle leva les yeux vers lui avant de reporter son attention sur la foule autour d'elle. Que dire? Il n'y avait pas grand-chose à raconter en fait. Elle avait pris le premier boulot qu'elle avait trouvé pratique pour elle, faute de mieux et ce pécore était le boulet en suce.

    - Hey! Je suis pas l'armée du salut non plus!

    Son amour propre venait d’en prendre un coup, comment pouvait-il imaginer ce bouffon avec elle. Irrk rien que d'imaginer la scène, un frisson lui parcourut tout le corps. Elle avait l'impression d'être souillée uniquement par cette image.

    - C'est un collègue de boulot. Un boulet qui me colle aux basques jusqu'à ce que je prenne mon service et que je le largue dans ma ronde.

    Elle semblait réellement supporter le mec et faire un gros effort sur elle-même pour pas l'avoir étranglé depuis longtemps apparemment.

    La fouille au corps pour sûr qu'elle n'aurait pas apprécié, surtout de la part d'un homme. Mais elle avait d'autres moyens d'entrer dans un lieu sans qu'on ne l'aperçoive. Mais là n'était pas la question, elle avait retrouvé son calme et suivait sans la moindre crainte la silhouette de Roberto. Les yeux fermés elle aurait pu le suivre juste en humant son odeur. Mélange savamment dosés de bois précieux et exotique. Sans doute un parfum hors de prix qui allait si bien avec ce côté excentrique qu'il se donnait.
    Lentement mais sûrement elle se rapprocha de lui sans pour autant le coller. Elle surprit le regard de quelques femmes se poser avec envie sur le corps du Giovanni. L'une se passa la langue sur les lèvres alors que l'autre se mordillait la lèvre inférieure tout en se trémoussant de manière… vulgaire. Sans savoir réellement pourquoi ce genre de regard l'irritait quelque peu. Sans doute l'histoire avec Dan qui la travaillait encore.

    Sa méfiance lui rappela à son bon souvenir lorsqu'ils furent devant l'escalier qui descendait vers un niveau inférieur.
    Une sorte de videur à gros bras gardait l'entrée. Il retira le cordon pour les laisser passer. Elle lui jeta un regard méfiant, pas pour le regard qu'il avait glissé à Roberto, que d'ailleurs elle ne calcula pas, mais plutôt pour jauger la dangerosité potentielle d'un futur adversaire. Ma main prit celle du Giovanni comme une assurance vie. Elle aurait pu lui briser le bras, lui transpercer le cœur du poignard qu'elle portait, mais elle avait d'autres tours dans sa manche. D'ailleurs il pouvait à loisir constater qu'il n'y avait rien qui picotait entre ses omoplates.

    Alors comme ça le Sabbat et la Camarilla avaient des pièces réservées ici? Voilà qui n'était pas commun et qui rendait l'endroit bien plus intéressant mais aussi plus dangereux.
    Elle considéra d'avantage Roberto comme si elle essayait de sonder le fond de son âme un instant. Elle était méfiante mais elle lui offrit un joli sourire avec une expression légèrement étonnée.


    - Oh et n'y a-t-il pas un terrain neutre comme la Suisse? Je doute qu'une…. personne telle que moi soit la bienvenue chez eux.

    Elle se pencha vers son oreille jusqu'à ce que son souffle chaud caresse la base de l'oreille et le cou de Roberto. Sa voix n'était qu'un murmure, voire un soupir, tant le son était infime, mais qu'il pouvait entendre sans le moindre problème.

    - Après tout ne suis-je pas le croque-mitaine…. Bouh!
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Roberto Giovanni
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Dim 14 Avr - 21:17

Je fus soulagé d'apprendre que ce type alcoolisé et brutasse n'était qu'un collègue de travail. Je n'aurais su dire exactement pourquoi, mais le fait qu'elle le traite de boulet à larguer me rassura et me fit sourire. Oui, après tout, pourquoi en étais-je content ? Ce n'étaient pas mes affaires, ce qu'elle faisait avec les humains. Je ne la connaissais que très peu, et je n'étais pas sûr de vouloir en savoir plus...
Si, mais si, pourquoi se mentir, je voulais en savoir plus. Cette femme m'intriguait beaucoup.

Je fus content de voir l'étonnement sur son visage quand je lui révélais à demi-mots la nature de mes salons privés.
Mais évidement, elle demanda si une salle était réservée aux Aubains. J'allais devoir la décevoir. Il avait déjà été assez compliqué comme cela de créer deux salons, mais trois... d'autant plus que les différents clans aubains ne s'entendaient pas forcément bien entre eux, et que selon mon point de vue, il était beaucoup plus intéressant que les clans indépendants puissent avoir accès aux deux salons... Avoir un pied dans les deux milieux était essentiel si l'on voulait faire de bonnes affaires.

Lorsqu'elle se pencha vers moi pour me murmurer quelques mots à l'oreille, je ressentis un picotement étrange dans ce qui fut mon estomac. Je rougis intérieurement en songeant que si j'avais été encore vivant, j'aurais sans doute frissonné. Quelle femme mystérieuse !
Sa réplique me fit sourire.


Je t'imagine mal te planquer sous les lits pour effrayer les petits enfants... Mais après tout, nous nous connaissons à peine.

Je dégageais doucement ma main de la sienne, pour continuer la descente des escaliers. En bas, deux portes s'offraient à nous, l'une indiquait "salon de la Tour" en néon bleuté, et l'autre "salon de l’Épée" en lettres rouges.
Je me retournais vers elle, pour la nouvelle révélation :


Préfères-tu une ambiance intimiste, satin violet et velours bleu, ou verses-tu plutôt dans le sauvage, le rouge et le trash ?
Ici, tu seras la bienvenue où que tu ailles. Après tout... tu es sur mon territoire.


Je devais me retenir pour ne pas trop sourire.

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Lun 15 Avr - 16:01

    Plonger au sein des Assamites était un aller sans retour. Le beau Giovanni serait-il toujours aussi hardi s’il savait cela. Ce clan n'était pas craint par tous les autres sans raisons. Leurs secrets étaient bien plus difficiles à entrevoir et encore plus à entendre, il était plus difficile d'entrer dans le monde, que d'entrer dans une place forte dans n'importe quelle belle banque réputée pour être imprenable.
    Si Roberto aimait le mystère sans doute serait-il servi avec l'amérindienne qui parlait peu d'elle en règle générale, et dont la méfiance était une seconde nature. Pourtant, avec lui elle restait plutôt abordable et accessible.

    Donc pas de salon pour les gens comme eux, d'un côté c'était plus pratique niveau professionnel de passer de l'un à l'autre suivant les besoins. Mais la Camarilla avait cette désagréable manie de brandir torche et lance lorsque une personne telle qu’ elle, pointait le bout de son nez. Cette manie qu'il avait de sonder les auras. La sienne était souillée et la mention « assassin » y figurait en lettres capitales et en gras, histoire d'être sûr de ne pas la rater.
    Ces Tremeres, elle leur aurait volontiers ouvert la gorge, quitte à être condamnée, autant que ce soit pour une bonne raison. Ces clans soi-disant puissants se faisaient tellement dessus à la simple pensée ou mention du nom de sa faction qu'ils s'étaient tous mis d'un commun accord pour les maudire. Quand elle pensait ainsi, le Sabbat lui semblait bien plus agréable. Sans doute pouvait-on y voir ici encore la haine viscérale transmise de génération en génération par Sire et Dame à leur Infant. François n'avait pas fait exception, d'ailleurs il ne s'était jamais gêné pour montrer ses inconstances avec l'Epée.

    Elle se pencha pour murmurer quelques mots à Roberto auxquels il répondit d'un ton un peu taquin. Elle prit le coche tout en se redressant un peu pour darder ses yeux de givre dans ceux du bel hidalgo. L'odeur de l'huile d'argan était encore présente sur sa peau. Celle-ci semblait d'ailleurs fortement douce au toucher, presque soyeuse et satinée.


    - Les petits enfants? Nan, juste les nouveaux-nés… Je serais toi Roberto, mio angelo, je regarderais sous mon lit avant d'aller dormir…

    Elle posa un regard mystérieux sur lui avec un sourire en coin tout en laissant sa langue jouer avec la pointe de ses canines dans une expression malicieuse. Elle lui faisait du rentre dedans? Nan ce n'était pas son genre, ou s’il pouvait l'interpréter ainsi c'était bien malgré elle, qui se trouvait le potentiel de séduction d'un bulot mort.
    Il dégagea sa main de l'étreinte de celle de Shanka pour continue à descendre. Elle l'observa avec attention, comme le chat observe sa proie qui frétille devant lui en se pourléchant les babines à l'idée d'un festin prochain.
    Ses yeux luisaient dangereusement, elle était à l'affut. Lieu inconnu couplé avec un nombre potentiellement dangereux de vampires donnaient la somme suivante à l'équation : méfiance et qui-vive.
    Le néon Bleu indiquait la Camarilla, quand à l'autre rouge, il indiquait le Sabbat, logique.

    L'étonnement à nouveau sur son visage de femme-enfant, sauvage et parfois inquiétant. Puis un sourire en coin et une pointe d'incrédulité.


    - Ton territoire hein ?

    Elle finit de descendre les escaliers pour venir tourner autour de Roberto en le dévisageant avec une expression étrange, mélange d'amusement et d'intérêt peut-être trop prononcé. Elle avait plus l'air d'un fauve prêt à jouer qu'à une femme réfléchie et posée.
    Sa main se posa sur l'épaule du Giovanni alors qu'elle terminait son tour pour se poster face à lui.


    - Tu es un être surprenant…. tu piques ma curiosité…

    Et d'un mouvement à l'image du vent, indomptable et insaisissable, elle rejoignit la porte du Sabbat. Le dos collé contre celle-ci, la main sur la poignée et d'un petit coup de bassin tout en faisant pivoter le loquet elle ouvrit la porte.

    - Pour rester dans le ton, le côté "sauvage" me semble tout indiqué, nan?
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Mar 16 Avr - 21:51

Mio angelo... Les mots de ma langue natale sonnaient comme du velours dans sa bouche. Sans doute cela faisait-il partie de son charme, avec cette manière féline qu'elle avait de s'exprimer et de se mouvoir.
Et puis, j'aimais beaucoup nos conversations, toujours mêlées d'humour et de petites piques. Avec elle, mieux valait soigner sa répartie ! Elle était loin de l'image d'assassin cruel et sans coeur que l'on pouvait se forger des Assamite.
J'hésitais entre plusieurs répliques, et finalement lui rétorquais :


Sous mon lit ? Mais c'est bien connu, les Nécromants vivent dans des cryptes, dans de superbes cercueils froids et sans aucune convivialité.

Eurk. Cette mode des cercueils, je n'aurais jamais pu m'y faire. Même si le sommeil était trop profond pour que l'inconfort me gêne, je préférais de loin un bon lit moelleux.
J'avais pensé à contrer la remarque sur les nouveaux-nés. Ma jeunesse se lisait-elle sur mon visage ? Pourtant, je ne pensais pas avoir l'air d'un jeune bleu naïf. Peut-être était-ce parce que je vivais avec mon temps, contrairement à d'autres. Mais je n'appréciais pas qu'elle me pense jeune. A propos, quel âge pouvait-elle bien avoir ? Difficile à estimer lorsque l'on est vampire, et Aubain qui plus est.

Je fus ravi de constater qu'elle me trouvait surprenant. Ainsi, je piquais sa curiosité ? Mais c'était le but, ma belle. T'attirer dans mon monde. En tout cas, dans la partie reluisante pleine de strass et paillettes. Tout mon monde n'était pas agréable à voir. Mais je savais très bien sauvegarder les apparences.
Elle choisit le côté Sabbat. J'admirais sa façon de pousser la porte, ce mouvement du bassin ! Elle pouvait parfois se montrer très féminine, et très sensuelle, mais je n'étais pas sûre qu'elle s'en rendait compte. Ou jouait-elle avec moi ?
Je lui emboîtais le pas, tout en disant d'un ton nonchalant :


Le raffinement de la Tour me convient tout à fait, mais dans le salon rouge, on doit plus s'amuser.

La pièce était très rouge, comme annoncé, une salle carrée avec des sièges disposés comme une sorte de petit labyrinthe, et un prolongement avec des escaliers qui menaient au comptoir. Le sol et deux des murs étaient constitués de miroirs - pour faire enrager les Lasombra, mon petit plaisir personnel - et des néons phosphorescents ajoutaient à l'ambiance moderne et grunge du lieu.
Du hard métal tournait en fond sonore pour le moment.
La salle n'était pas très remplie cependant, seulement trois clients, dont un tout seul que je saluais de la main, ce cher Randy, un jeune Brujah, client précieux.
Je repassais à nouveau devant Shanka pour la mener jusqu'au comptoir, et je passais de l'autre côté du bar pour prendre les commandes.


Alors dis-moi, qu'est-ce qui te ferait plaisir ? Nous en avons pour tous les goûts, et que du sang de qualité !

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Mer 17 Avr - 20:17

    Et voilà qu'il lui servait l'archétype humain de la vision des vampires avec toute la panoplie. Cryptes, cercueils somptueux mais austères. Pour parfaire le décor, elle s'imaginait parfaitement les imposants rideaux de velours rouges, épais, ajoutés à cela, des chandeliers avec bougies dont la cire est à l'image du sablier, tant celle-ci se répand sur les pieds, de son support et le sol….
    Nan, elle avait beau tourner et retourner cette vision, elle ne voyait pas du tout le précieux Giovanni aux costumes hors de prix dormir dans ce genre d'endroit.
    Elle esquissa une moue boudeuse, presque enfantine, alors que ses iris illuminaient son visage d'une expression mutine.


    - Moi qui espérais visiter une suite luxueuse, avec bain à remous et lit king size.

    Elle ne savait pas qu'il était un nouveau-né, mais elle sentait qu'il était plus jeune qu'elle, il était trop enjoué, trop "humain" par certains côtés pour être un ancien comme elle. Il avait trop de répartie, s'attachait trop à des petits détails, à moins que ce ne soit spécifique aux Giovanni, elle n'aurait su le dire. Quand on avait passé trois siècles, on avait tendance à trouver tout le monde jeune. Mais ce n'était pas ce qui lui posait problème. Après tout, l'âge n'était que des numéros sur un papier, cela ne régissait pas qui vous étiez ou ce que vous faisiez.
    Pour elle, Roberto était un individu qu'elle commençait doucement à apprécier, qu'elle laissait doucement s'approcher d'elle sans qu'elle ne se sente menacée. Bien sûr il y avait ce "truc" qu'il éveillait, mais dont elle ignorait la cause et tout ce que cela impliquait. Mais pourquoi avoir peur de ce que l'on ne connait pas.
    Et puis lorsqu'elle aurait trop envie de le "goûter", il serait toujours temps de mettre les voiles.

    La sensualité et Shanka faisaient deux, elle n'avait aucune idée de l'effet qu'elle pouvait faire aux hommes, si effets elle faisait, en général ils n'arrivaient jamais jusqu'à elle. Soit elle les repoussait sans en avoir conscience, ou bien elle les tuait tout simplement lorsque ceux-ci étaient vampires. Peut-être que si une de ses semblables lui apprenait, elle s'en rendrait compte mais, elle n'était pas spécialement proche des Toréador, et puis c'était ce qui faisait son charme sans doute, ce petit côté ingénu. Ce petit quelque chose de pureté qui semblait persister en son sein bien malgré elle.
    Alors qu'elle poussait la porte, elle nota la petite phrase de son compagnon de soirée.


    - On doit? Tu ne sais même pas ce qu'il se passe dans tes salons?

    Sourire en coin, elle le suivit, passant au travers du labyrinthe de sièges pour emprunter de nouveau un escalier. Tout ce rouge, tous ces miroirs… Miroirs, cela devait beaucoup plaire aux Toréador, en revanche les Lasombra devaient être moins à l'aise. De ce qu'elle constatait, il n'y avait pas beaucoup de zones d'obscurité ici. L'ambiance était à l'image des Brujah et des Gangrel, avec un pointe de chic en plus, tout du moins de son point de vue.
    Elle nota trois clients, dont un qui se trouvait seul que Roberto salua. L'assamite se laissa guider jusqu'au bar et s'installa sur un des sièges en écoutant son interlocuteur.


    - Ce qui me ferait plaisir?

    Elle laissa quelques secondes la question en suspens alors que ses yeux caressaient le visage de Roberto, avant de glisser sur son cou puis, elle reporta son attention sur le bar.

    - Un Bloody Mary, et si tu n’as pas, mets-moi un Bloody Chantal.
    Nan, un B positif sera parfait pour commencer la soirée, avec une tranche de citron s'il te plait.


    Le sourire qu'elle lui adressa était franc, elle appréciait la soirée pour le moment. Du moment que les autres clients ne l'importunaient pas, tout se passerait bien, elle en était persuadée.
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Mer 17 Avr - 20:50

Clairement, mes réels appartements étaient plus proches de sa description que de la mienne. Mais l'endroit était tenu secret, et il était hors de question que j'y emmène des vampires. Ni même des humains d'ailleurs. On n'est jamais trop prudents !
Je ne la connaissais pas suffisamment pour cela, et je n'étais pas assez fou pour donner l'adresse de mon havre à une assassine. On ne savait jamais de quoi l'avenir serait fait... Qui sait, peut-être qu'un jour, elle aurait un contrat sur ma tête... Et ce jour-là, je pressens que je serais beaucoup à plaindre !

"On doit? Tu ne sais même pas ce qu'il se passe dans tes salons?"
Ah. Sur ce coup-là, je l'avoue, elle m'avait bien eu. Je n'avais pas prêté attention à ma tournure de phrase, mais elle n'avait pas manqué de pointer le doigt dessus. Je me retins avec peine de grommeler un "façon de parler". Oui, j'étais mauvais joueur. Mais on ne pouvait pas gagner à tous les coups. Ça faisait partie du jeu aussi.

Je me sentais bien derrière ce comptoir, j'avais... comme une espèce de sentiment de supériorité. C'était moi le patron ici. Mieux encore, tout ceci était mon oeuvre, mon initiative. Et j'en étais fier. Même si tout n'était pas encore parfaitement au point.
Sa réplique sur le Bloody Chantal me fit rire, je laissais échapper un rire franc. Celle-là, je ne l'avais pas vue venir ! Et elle était pourtant si évidente !
Mais au final, elle resta très pragmatique, en demandant un groupe sanguin précis. Et une rondelle de citron. Ah oui. J'avais presque oublié qu'elle était capable de manger temporairement de la nourriture humaine. Curieuse manie, que je ne comprenais toujours pas.


Bien ! On reste dans du classique alors...

Je disparus derrière le comptoir, le temps de farfouiller dans les frigos.
Il faudrait vraiment que j'aille parlementer avec les Tremere. Pour la récupération et la conservation du sang, ils étaient sans pareil. En attendant, on avait recours aux bonnes vieilles méthodes de l'extraction par seringue et des poches de sang conservées au réfrigérateur. Pas idéal, mais ça faisait l'affaire.
On arrivait tout de même à avoir un choix assez varié.
J'attrapais une poche de sang estampillée B positif par l'hôpital du coin, l'ouvris pour la verser dans un joli verre, puis je me relevais pour le poser sur le comptoir.


Madame est servie ! Ou plutôt, mademoiselle ?

Oui, c'était assez mauvais. Je ne savais pas moi-même pourquoi j'avais dit ça.
Un truc de barman, sans doute.
Je m'empressais de changer de sujet, en enchaînant :


Par contre, je n'ai pas de rondelles de citron à cet étage... Mais je tâcherai d'y penser à l'avenir.
Ça fera cinq dollars s'il te plaît.

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Lun 22 Avr - 18:34

    Le nid ou le lieu du repos était une chose très précieuse et que tout vampire tenait dissimulé à la vue de ses congénères et de certains humains.
    La plus part des assamites logeait dans des endroits reculés, loin de l'agitation et du bruit. La plupart du temps en hauteur et dans un lieu difficile d'accès pour des raisons évidentes de sécurité. Mais voilà, de nos jours, ce genre de critère était connu de tous, aussi Shanka était une femme qui prenait beaucoup de choses à contre-pied. Après tout, sa demeure était au-dessus d'échoppes grouillantes dans un lieu de passage de la ville. Combien seraient allés la chercher là-bas?
    Les clichés pouvaient tuer, elle le savait, les quelques ventrues qu'elle avait tués n'avaient pas été difficiles à dénicher de par leur goût du luxe.

    Elle aimait taquiner et deviser avec ce Giovanni, peu nombreux étaient les vampires qui trouvaient grâce à ses yeux. Non pas parce qu'elle se trouvait supérieure à eux, loin d'elle cette idée, mais plutôt parce qu'elle les trouvait pédants et jouer au jeu de pouvoir ne l'intéressait nullement. Elle n'était pas à corrompre, mais à acheter. Elle n'avait qu'une parole et lorsqu'elle acceptait un contrat elle allait jusqu'au bout, dusse-t-elle y laisser la vie.
    Heureusement pour elle, jusqu'à aujourd'hui, elle s'en était toujours sortie, parfois de justesse ou avec beaucoup de chance mais les faits étaient là. Elle vivait, ils étaient redevenus poussière…enfin façon de parler.

    D'un petit bond presque enfantin, elle s'installa sur le tabouret en face du comptoir qui servait de bar. Sans dire un mot elle observa Roberto passer de l'autre côté. Si elle avait été doué en dessin, sans doute aurait-elle réussi à reproduire ses traits les yeux fermés tant elle les gravait dans sa mémoire sans s'en rendre réellement compte.
    Elle détaillait tout de lui comme lorsqu'ils s'étaient croisés pour la toute première fois à l'aéroport.
    Ce beau rital avait fait, de son point de vue, un grand pas en avant depuis son arrivée. Après tout elle n'y connaissait pas grand-chose en business, mais il lui semblait qu'avoir un établissement de ce genre, était plutôt un bon investissement… ou un gouffre financier s’il ne savait pas gérer les deux clans.
    Et voilà, le boulot revenait sur le tapis, alors qu'elle avait à peine pensé à cela. Peut-être pourrait-il y avoir un moyen de quitter son boulot actuel et ce boulet de Dan…

    Le rire de Roberto, franc, puissant et grave, la prit de court et si elle n'était pas morte l'aurait sans doute faite rougir. Elle se mordilla la lèvre inférieure pour cacher son trouble, tout en fronçant légèrement le sourcil, et elle opta pour regarder ailleurs, détaillant un peu les convives sans la moindre gêne.
    De une, elle était avec le patron, de deux elle savait se défendre d'une agression éventuelle. A peine s'était-elle installée sur le tabouret le plus proche d'un mur recouvert d'un miroir qu’elle avait déjà estimé la distance entre elle et la porte.
    Instinct de survie. Lorsqu'on combattait seul, il fallait mieux protéger ses arrières et au vue de la pièce, il était très peu probable qu'un Lasombra sorte de ce miroir éclairé par un des néons rouges qui donnait cette ambiance un peu feutrée et grunge à la salle.

    Comme pour confirmer sa commande, elle hocha de la tête. Faute de pouvoir boire le sang d'un caïnite hein, autant boire ce qu'il avait sous la main et qu'elle pouvait digérer sans trop de problème.
    En voyant le sang couler, dans un beau verre, elle se lécha les lèvres d'avance, Shanka avait toujours été d'un appétit vorace. Son dos et ses flancs, se souvenaient encore des enseignements de François, même si les marques n'y étaient plus depuis bien longtemps.
    Le sang avait cet attrait sur elle, un peu comme la drogue a cette emprise sur le junkie. Elle savait que si la malédiction de Tremere était levée, elle aurait bien du mal à résister au sang d'un vampire.
    Chacun ses faiblesses, Roberto pourrait sans doute y voir ici une petite fringale.
    A la semi question elle eut un sourire amusé, alors que ses yeux pétillaient.


    - Mademoiselle… depuis bien longtemps, je peux dire que j'ai coiffé sainte Catherine sans problème.

    Parler de son âge n'était pas un problème ni de sa condition à vrai dire. Après ce n'était pas totalement de sa faute si elle n’avait eu jusqu'ici que de très mauvais souvenir de ses relations, si l'on pouvait appeler cela relation, avec les hommes.

    - Laisse pour le citron, une habitude humaine. Je n'en ai pas besoin.

    A l'annonce du prix, elle fit une petite moue boudeuse adorable. Elle porta le verre à ses lèvres et en but une longue gorgée, teintant celles-ci d'un rouge vermeille enivrant.
    Elle se pencha au-dessus du bar, soulevant légèrement son corps du siège pour venir à quelques millimètres du visage de Roberto.


    - Tu ne m'invites même pas? Et si je refusais de payer… Que ferais tu…Roberto.

    Sa main droite glissa dans la poche arrière de son mini short pour aller y chercher la petite liasse de billets qui s’y trouvait.
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Sam 27 Avr - 16:17

Je remarquais comme elle se léchait les lèvres en m'observant lui servir le verre. Peut-être avait-elle tout simplement faim, mais en tout cas le geste était très animal. Encore une fois. Des instincts de prédateur.
Elle ne semblait pas tout à fait à l'aise (et cela se comprenait) et semblait sur ses gardes, elle étudiait les lieux. Ne jamais se laisser surprendre. Une bonne devise pour un assassin, ou un guerrier.

Sainte Catherine... Ah oui, une vieille habitude humaine, française il me semblait, pour les jeunes femmes encore non mariées à 25 ans... Néanmoins, cela ne signifiait pas forcément grand chose, à notre époque les mariages se faisaient de plus en plus tard. Moi-même, je m'étais marié à 38 ans. Mais je ne connaissais pas l'âge de ma charmante cliente, peut-être avait-elle plusieurs siècles, et était donc une exception, dans des âges où les femmes ne demeuraient pas vierges et célibataires bien longtemps... surtout une belle femme comme elle.
Car oui, il fallait bien l'avouer, elle était belle. Une peau mate, des traits fins, un mélange d'animalité et d'innocence presque enfantine qui détonnait. Belle et sans doute dangereuse.

Je me doutais qu'elle réagirait lorsque je lui annonçais le prix. Je ne savais pas comment, mais j'attendais une réaction. Sa moue boudeuse me fit sourire. Elle était mignonne avec ses expressions d'enfant.
Puis elle se pencha par-dessus le comptoir, nos visages se touchèrent presque. Si elle avait pu respirer, j'aurais sans doute senti son souffle chaud... Décidément, elle aimait la proximité !
Elle me mettait au défi. Que pourrais-je faire si elle refusait de payer ? Elle n'en avait sans doute pas idée...
Sans me reculer, je penchais la tête de côté et lui murmurais à l'oreille :


Je suis un homme plein de ressources...

Une phrase qui disait tout et rien à la fois.
Puis je rompis ce moment de quasi-intimité -j'aimais bien les contrastes- en me reculant soudainement et en reprenant d'une voix vive et enjouée :


Tu imagines si je devais inviter tous les vampires que je connais ? Je ferai la ruine de mon commerce ! Et Ruine et Giovanni ne sont guère assortis.

Je vis Randy le Brujah s'approcher du comptoir d'une démarche un peu titubante. Il posa les yeux sur Shanka quelques secondes mais ne fit aucune remarque, plus intéressé par la boisson que par les femmes - le malheureux !

Roberto, remets-moi le même cocktail. Ou plutôt non, je vais tester la vodka, si tu as !
- C'est comme si c'était fait.

Je lui servis son verre et le laissais retourner s'asseoir. Il faudrait bientôt que j'arrête de le servir, il avait déjà enquillé plusieurs whisky-hémoglobine, à croire qu'il n'avait rien bu depuis des jours.
Puis je revins vers Shanka, pour lui dire, sur le ton de la conversation :


Alors, qu'est-ce que tu me racontes de beau ?

Après tout, je ne savais presque rien d'elle, et ne savais même pas par où commencer...

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Mar 30 Avr - 21:46

    Même si elle trouvait encore aujourd'hui beaucoup à redire sur son Sire, elle lui devait également beaucoup. Certes il n'avait pas été très tendre, le voyage à Alamut avait été (dans ses jeunes années) très périlleux, il n'avait rien fait pour l'aider, il s'était montré être un maître redoutable et impitoyable. Lors de ses premières nuits, c'était lui qui lui avait donné à boire de la Vitae de Brujah pour la stopper et la calmer. Autant dire qu'elle se rappelait la douleur cuisante que ça avait provoquée chez elle, due à la malédiction. Il lui avait appris que le soleil pouvait tuer en lui exposant la main pour qu'elle comprenne bien. Qu'il fallait se reposer au lever du soleil, là encore il s'était arrangé pour charger deux goules de la garder éveillée alors qu'elle était enchainée. Il lui avait également tendu d'innombrables traquenards pour lui apprendre à faire face à toutes les circonstances ou tout du moins les plus courantes.
    Il n'était donc pas surprenant de voir qu'elle en gardait quelque chose, en inspectant les lieux avec minutie pour palier à une retraite éventuelle.

    Il n'était pas rare que dans le langage de l'Assamite se mélange plusieurs cultures. Après tout elle avait bourlingué un peu et trainé sa carcasse par-ci par-là dans le monde sans pour autant le visiter dans sa totalité, mais ce qu'elle avait vu lui avait plutôt plu. Ses expressions venaient de différentes cultures et parfois elle avait encore l'accent amérindien de sa jeunesse, mais cela était fort rare et seulement lors de certaines situations bien précises. Si Roberto savait comme il était proche de la réalité. A l'époque où vivait Shanka, les femmes étaient rarement célibataires passé leur seize printemps. La demoiselle aurait dû être une épouse avant d'entrer dans sa dix-septième année, mais le sort en avait décidé autrement. Le temps s'était joué d'elle en écoutant sa vie, mais il y a des choses que même le destin ne peut contrôler, les gens non-morts. Tant de chose avait changé ce soir-là. Tous ses sentiments l'animaient encore aujourd'hui et faisaient qu'elle était encore debout. Il est difficile de se défaire de la haine lorsqu'elle vous à rongé jusqu'à la moelle, ne laissant plus qu'un tas d'os arrosés d'acide derrière elle.


    L'assassin ne détestait pas la proximité qu'elle fixait elle-même. Qu'on la touche en revanche lorsqu'elle n'y avait pas invité l'individu était pure folie, et une tentative de suicide simple et nette. D'ailleurs elle ne resta pas longtemps dans cette position, juste assez pour que Roberto puisse lui murmurer à l'oreille sa réponse. Tout en reposant ses fesses sur le tabouret elle laissa visible un sourire énigmatique sur ses lèvres. Ce Giovanni avait la particularité d'arriver à la faire rester de bonne humeur assez facilement. Une autre chose exceptionnelle, elle était plutôt heureuse de le revoir. Elle-même en était la première surprise. Pour elle cette phrase n'était que de la poudre aux yeux, mais il le disait avec tellement d'aplomb. Elle avait appris à se méfier de tout et de tout le monde.


    "- Tu as de la chance de ne pas être ministre. " Elle le dévisagea de la tête aux pieds d'un air un peu provocateur, comme si elle cherchait à le titiller. "- Y a de bons restes pourtant…"

    Parlait-elle réellement de ruines à proprement parler, de ruine financière, ou encore de lui, l'insultait-elle de vieux machin, ou sous-entendait-elle qu'il était un ancien? Difficile à deviner.
    Un des clients s'approcha du comptoir, comme dirait certaines personnes, il avait déjà de bonnes chaussures à bascules. Elle l'observa sans mot dire le temps qu'il termine ce qu'il avait à faire ici.

    "Vodka Sang? Drôle de mélange…"

    Si elle avait la faculté de pouvoir absorber des aliments humains sans les vomir rapidement, elle ne voyait pas l'intérêt de boire de l'alcool avec du sang. Tout à son interrogation, elle arqua les sourcils sous la question si banale de Roberto.

    "- Rien de spécial, je suis revenue il y a pas très longtemps, après avoir chassé ma proie en Europe. Mais je la rattrape toujours… l'avantage de l'éternité sans doute. J'essaie de reprendre mon ancienne vie que j'avais laissé sur pause ici.
    Je suis de retour chez moi sans voir le moindre changement. Mais L.A semble avoir beaucoup changé en si peu de temps.
    Raconte-moi un peu ce qu'il y a de bon à savoir. "


    Elle sortit de la poche de son mini shorty une petite liasse de billets plutôt bien garnie. Elle retira quelques morceaux de papier vert qu'elle lui tendit. Après tout n'était-ce pas comme ça qu'on achetait les barmans, surtout s’il était Giovanni ?
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Dim 5 Mai - 16:36

Je pris un air outré lorsqu'elle fit la remarque sur la ruine. Qu'entendait-elle par là ? Etait-ce mon style vestimentaire qu'elle considérait comme trop original pour convenir à un Giovanni ? Etait-ce une pique sur la famille en général ? Ou une remarque par rapport au fait que les salons du Midnight n'étaient pas très remplis ? Quoi qu'il en soit, je me sentis vexé, et même si je répondis sur un ton assez léger pour ne pas casser l'ambiance amicale qui s'instaurait, je n'appréciais guère la remarque.

Fais tout de même attention avec ton humour, n'oublie pas que tu es en territoire Giovanni...

La menace était à peine dissimulée. Je pouvais plaisanter sur beaucoup de choses, mais pas lorsque l'honneur de ma famille était en jeu.
Mais l'intervention du Brujah permit de ne pas faire monter la tension, et on passa vite à autre chose. Shanka semblait très étonnée que je serve des cocktails alcoolisés. N'était-ce pourtant pas le principe même d'un établissement nocturne ?


Je t'avais dit que nous servions de tout !
Certains vampires aiment ressentir à nouveau les effets de l'alcool, ou même de certaines drogues, et seuls les cocktails contenant du sang déjà drogué permettent ces effets... C'est une bonne partie de mon fond de commerce, même si le sang n'est pas simple à récupérer.


Elle me répondit plus de choses que je n'en avais espérées avec ma question banale. Ainsi, elle s'était absentée quelques temps pour traquer une proie enfuie en Europe. Je ne doutais pas qu'elle l'avait retrouvée, puisqu'elle était revenue. Redoutable guerrière, cela me le confirmait.

Tu fais donc dans l'assassinat international...

Simple remarque, sans intonation particulière. Je ne me montrais pas impressionné, gardant ma nonchalance habituelle. Les Assamite étaient redoutables, mais ils n'avaient pas à sentir que nous le savions.
Je souris de manière entendue lorsqu'elle déposa devant moi quelques petits billets, tout en montrant ostensiblement qu'elle en avait bien plus. Ainsi, le commerce d'informations débutait... Je me demandais si nous allions en arriver là. Après tout, les Aubains avaient la position idéale pour cela, collectant des informations dans les deux camps. Et j'avais de bons contacts autant dans la Camarilla que chez le Sabbat. Des genres très différents, mais seules comptaient les affaires.
Je pris les quelques billets qu'elle avait posé pour les ranger dans une poche intérieure de ma veste de costume et commençais à répondre, de manière délibérément vague pour le moment.


Et bien, pas grand chose de notoire. Amelia et Sacha continuent leur petite guéguerre de territoire, les camaristes manipulent des humains que les sabbatiques égorgent, la routine habituelle quoi !

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Lun 6 Mai - 18:17

    Son expression lorsqu'elle parla de ruine ne lui échappa pas. Il y avait fort à parier qu'il l'avait mal pris, alors qu'en réalité, elle parlait plutôt de son physique d'homme d'une quarantaine d'années qui ne la laissait pas indifférente, sans pour autant qu'elle n'arrive à dire pourquoi. Ou plutôt à s'avouer tout simplement qu'elle était attirée par lui. Elle n'aurait pas été un vampire, et elle l'aurait rencontré lorsqu'elle était humaine, elle aurait sans doute rougi à sa présence et n'aurait pas été insensible à son charme mature et envoutant. Mais voilà, ils avaient vu le jour à des siècles différents. Elle, en un temps où les femmes devaient être vierges et pures à leur mariage, lui sans doute à une époque plus actuelle, aux mœurs plus légères. Tout du moins c'est ce qu'elle imaginait. Elle avait beau essayer de l'imaginer, elle ne le voyait pas comme un ancien. Peut-être pas un nouveau-né, mais un ancillia peut-être. Aller, tout au plus elle lui donnait une centaine d'années, peut-être même un siècle et demi en voyant large, mais certainement pas plus. Elle garda cependant cette réflexion pour elle. Peut-être savait-il juste être bon acteur, comme elle le faisait elle-même. Quoi que son langage pouvait parfois la trahir si elle n'y prenait pas garde. Sa réponse la fit légèrement sourire, tout en arquant un sourcil quelque peu amusé. Il était plutôt inattendu de voir un Giovanni menacer ouvertement une Assamite. Cela la conforta dans l'idée que cet homme était bien plus jeune qu'elle ou qu'il comptait beaucoup sur ses dons. Quoi qu'il en soit, elle se garda bien de surenchérir. La famille Giovanni n'était pas à prendre à la légère, ils étaient pour ça un peu comme les Nosferatu, bien qu’elle se méfait d'avantage de ces derniers. Ils n'étaient pas connus pour leur grande agressivité, mais avoir le clan à dos symbolisait la mort ultime, car le réseau d'informations de ces rats allait bien plus vite que ce que l'on pouvait imaginer. Tuer l'un des leurs était une chose extrêmement dangereuse.

    Un client les interrompit, pour venir commander un cocktail, sang vodka. De par son travail et son style de vie, Shanka ne buvait pas de sang alcoolisé ou drogué. Pour tout dire, la drogue elle n'y avait jamais goûté, sachant parfaitement que si il n'y avait pas cette malédiction, elle serait sans doute sur le fil du rasoir entre être une caïnite respectable si l'on peut dire, et une junky accroc à la Vitae vampirique. Elle n'était pas réellement surprise de voir ce genre de boisson dans un bar, parce que le Midnight était un bar pour Caïnites, mais plus du fait de voir des vampires se saouler ainsi.


    "- Je vois, je ne comprends pas réellement ce besoin, mais c'est sans doute dû à mon mode d'existence. Je ne bois pas et je ne me drogue pas. Il fut un temps où il suffisait de mâcher quelques plantes pour partir voyager. Maintenant, il suffit de snifer une poudre blanche ou pour nous, de boire un cou. "

    Un sourire taquin glissa furtivement sur ses lèvres. Elle aimait le mettre sur la voie, et faire quelques jeux de mots avec Roberto. Il était un bon partenaire, et il arrivait à la faire sourire, ce qui n'était pas si simple que ça en temps normal, après tout, sa vie était plutôt monotone, boulot, boulot, et aller, boulot. Aussi pouvoir faire la conversation comme ça n'était pas désagréable.

    "- International? Oui, certains aiment me voir comme un mercenaire. N'était-il pas de notoriété publique que les miens travaillent pour les plus offrants? "

    Une remarque laissée en suspens, puisqu'elle avait des questions auxquelles elle voulait des réponses. En général, le dirigeant de la ville faisait qu'il était le plus offrant, mais parfois il arrivait que le camp adverse ait bien plus à offrir. A vrai dire, elle serait prête à tuer gratuitement et pratiquement jusqu'à la fin de sa non-vie, pour celui ou celle qui pourrait lever la malédiction des Tremere mais ça c'était rêver debout, elle le savait bien. Elle déposa quelques billets devant Roberto lui demandant des renseignements. Renseignements qui étaient bien trop évasifs, elle le savait, il le savait, mais ça fonctionnait toujours comme ça.
    De nouveau, elle sortit quelques billets de banque qui s'enroulèrent à peine furent ils posés sur le comptoir. Elle arqua les sourcils en secouant la tête de gauche à droite avec un léger sourire.


    "- Des détails Roberto, des détails, clans, âge, position politique, penchant, couleurs préférées, je veux tout savoir, aguichant serveur *en français dans le texte*, tout."

    Elle porta le verre à ses lèvres et tout en écoutant, elle savoura le goût du sang coulant le long de sa gorge, tapissant son œsophage pour venir remplir son estomac. Savoureux liquide carmin qui ne faisait qu'éveiller d'avantage sa faim latente.
    Elle finit par donner la totalité de son rouleau en guise de pourboire.
    Dans un regard circulaire elle embrassa la salle, puis retourna à son barman.


    "- Tu n'as pas besoin d'un agent de sécurité par hasard? Je cherche un nouveau boulot en ce moment. Mes collègues me tapent sur les nerfs…"

    Elle faisait allusion à l'humain plus que lourd qui s'était pointé un peu plus tôt dans la soirée, bien entendu.
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Ven 17 Mai - 17:05

"Je ne bois pas et je ne me drogue pas"... cela sonnait un peu comme une confession politique.
Elle évoqua un temps où l'on se droguait avec des plantes naturelles, une méthode d'indiens... De quelle origine pouvait-elle bien être, d'ailleurs ? Les Assamites venaient généralement du nord de l'Afrique ou d'Orient, mais il devait en réalité en venir de tous les pays. J'avais même connu un vizir Assamite juif et allemand ! Comme leur peau était généralement basanée, et noircissait avec l'âge, il était difficile de le déterminer. D'ailleurs la belle guerrière avait une peau bien mate, sans doute n'était-elle pas toute jeune...
Je lui souris et plaquais mes deux mains ensemble en caricaturant un signe de prière, avant de m'incliner et de dire :


Mais je suis donc en présence d'une sainte !
Tu passes à côté des plaisirs fondamentaux de l'existence, Shanka. Le boulot, c'est important, mais il faut aussi savoir s'amuser.


Je passais sur la remarque du mercenariat. Bien sûr que c'était de notoriété publique. Le nom même des Assamite était issu je crois des célèbres hachichin qui avaient ensuite donné les "assassins".
Le terme n'était certes pas très glorieux, mais il était évocateur.

En fin de compte, elle me donna la totalité de sa liasse de dollars. Elle ne devait pas manquer de ressources pour pouvoir ainsi me payer sans garantie. Elle voulait des détails... oui, mais sur qui ? Amelia ? Sacha ? Les deux étaient bien connus dans la société vampirique, et sans doute n'aurais-je rien d'intéressant à lui apprendre.
Elle me glissa un compliment, en français. Le français... voilà bien longtemps que je n'avais pas entendu cette langue. Je l'avais moi-même parlé un certain temps, lorsque j'avais épousé cette splendide française... Mais cela remontait à loin, je n'étais pas encore un vampire. Des souvenirs qu'il valait mieux oublier.


Et bien... Cherches-tu quelqu'un en particulier ? Les vampires sont nombreux dans la cité des anges...
Sais-tu qu'une Ancienne Nosferatu se terre dans les égouts de cette ville ? Elle a une sale réputation, et pourtant elle se prétend camariste.


Je n'étais pas certain que cette information l'intéresserait, après tout, je ne connaissais pas ses affinités avec les autres clans. En dehors de cette Ravnos voyante que nous avions croisé ensemble un soir, je ne l'avais jamais vue avec d'autres vampires. Solitaire, la belle demoiselle ?
Elle me posa une question à laquelle je ne m'attendais pas. Elle cherchait du boulot ? Pourquoi me demander à moi ? Une Assamite au service d'un Giovanni, c'était plutôt cocasse !


Ah, l'idée est intéressante, mais l'établissement appartient à la Famiglia.
Et puis, je ne suis pas sûr que tu souhaites vraiment être sous mes ordres.

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Dim 2 Juin - 13:44

    Evoquer le passé, lui semblait d'un coup si loin. L'espace d'un instant, elle avait revu les plaines verdoyantes de son enfance, les chants de son peuple, la voix douce de sa mère, mélangée à ceux de la tribu qui psalmodiaient des paroles dans une langue aujourd'hui oubliée de tous. Les siens, étaient parqués dans des réserves comme de vulgaires animaux. A peine trois cent cinquante réserves pour toutes les tribus de peau rouge qu'ils étaient… tellement triste.
    L'odeur des herbes que fumaient les anciens lui revenaient, le goût de certaines boissons. Tout n'était que souvenir qui revenait parfois se rappeler à son bon souvenir.
    Roberto ne pouvait deviner qu'il avait devant lui l'une des dernière Lakota qui avait grandie en tant que tel. Même si elle lui expliquait sa manière de vivre à cette époque, il n'aurait sans doute pas pu comprendre. Peu d'humains avaient le rapport que les amérindiennes avaient avec la terre, un homme comme le Giovanni n'aurait sans doute pas compris.


    "- Tu as une bien étrange vision des saintes."

    Elle se contenta d'un sourire chargé d'une tristesse presque infinie l'espace d'un instant.

    "- L'assassinat… c'est tout ce que je connais, que j'ai…"

    Sa voix était encore moins qu'un murmure. Jusqu'alors elle n'avait jamais rien voulu d'autre. Son Sire ne lui avait jamais manqué depuis sa disparition, sa vie n'était qu'une succession de voyages et de meurtres. Elle faisait marcher le fond de commerce de la mort en rattrapant ceux qui lui avait échappé de leur vivant. Elle avait fait de nombreuses rencontres, avait sans doute une liste d'ennemis longue comme les deux bras, mais, parce qu'il y a mais, il lui avait fallu une seule rencontre pour que tout change.
    En trois cents deux ans, elle n'avait jamais eu besoin de rien, et voilà qu'avec l'arrivée de Roberto dans sa vie, il révélait un manque étrange. Quelque chose qu'elle ne pouvait définir. Comme si elle était effectivement passée à côté de beaucoup de choses… mais quoi?
    Elle éprouvait une certaine attirance pour lui pour ce qu'il arrivait à réveiller en elle, mais elle le détestait également pour les même raisons.

    A nouveau, un sourire mutin se dessina sur ses lèvres charnues.


    "- Une Nosferatu dans les égouts? Ca c'est un scoop.
    Hum les réputations vont et viennent, il faut se méfier des « on dit ». N'es-tu pas bien placé pour savoir cela? Toi, le proprio d'un Night Club? "


    L'information était intéressante, après tout, qui mieux qu'une Nosferatu pouvait être à même de donner des informations utiles?
    Shanka était une réelle solitaire, même les siens, elle ne les côtoyait que peu souvent. Bien sûr, elle avait quelques amis, chez les Nosferatu d'ailleurs, peut-être chez les Ravnos également. Elle n'aimait pas les Malkaviens, mais uniquement pour leur clairvoyance. Elle avait eu jadis un ami du nom de Luca, un jeune Lasombra, mais sinon elle n'avait aucune réelle affinité avec les vampires. Quoi de plus naturel pour une tueuse après tout.

    Un sourire charmeur se peignit sur son visage, sensuel et sauvage à la fois. Elle n'en avait aucune conscience, mais Roberto arrivait le tour de force que personne jusqu'à ce jour n'avait réussi, toucher la jeune femme.


    "- Vas savoir, si j'aime jouer au petit soldat ça me regarde… Je suis sûr que ça pourrait être… amusant…"

    Elle haussa un sourcil amusé puis termina son verre sans ajouter un mot.
    Etre sous les ordres de Mister Giovanni ne semblait pas la déranger ou la répugner, mais il y avait peu de chance qu'il décide d'accepter. Peut-être pourrait-elle entrer dans la police ou dans une agence de sécurité.



[ Mea Maxima Culpa pour le retard T.T ]
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Dim 2 Juin - 23:06

Une étrange vision des saintes ? Forcément, quand on connaissait mon passé de drogue et de débauche, la définition de la sainteté était simple à attribuer.
Shanka eut soudain l'air bien triste lorsqu'elle répondit dans un murmure, presque pour elle-même, qu'elle n'avait que l'assassinat dans sa vie. J'avais de toute évidence touché un point sensible, sans vraiment le vouloir. En un sens, on se ressemblait. J'avais moi aussi beaucoup de sang sur les mains, pour les nombreuses exécutions que j'avais accomplies au nom de la Famiglia, et pour satisfaire les besoins d'un parti ou d'un autre. Ma vie était loin d'être emplie constamment de joie et de fête, malgré ce que je laissais croire. Et tout comme elle, je conservais en quasi-permanence un masque de bonne humeur, mais c'était une carapace.
Avais-je commencé à percer la sienne ?

Je lui adressai un sourire compréhensif, puis disparus derrière le comptoir quelques instants pour poser sur le bar un nouveau verre de sang, cette fois servi dans une belle coupe en cristal.
Et pour cause, le sang contenait un peu de champagne. Un alcool léger, raffiné, qui causait rarement d'autres ravages qu'une légère euphorie et une tendance à délier les langues.
Je me gardais bien de lui préciser ce que le sang contenait d'ailleurs. Une autre manière de la tester. Je ne pouvais pas m'en empêcher.

Elle reprit rapidement son masque, refusant sans doute de se montrer telle qu'elle était vraiment devant un homme qu'elle connaissait peu après tout, malgré la complicité qui naissait entre nous.
J'aimais son sourire mutin, et sa façon qu'elle avait de me railler. Certes, une Nosferatu dans les égouts, ce n'était pas la nouvelle du siècle. Mais il était toujours intéressant d'être informé des forces en place, et la Nosferatu était Ancienne.


Je te donne simplement les dernières nouvelles, comme tu me l'as demandé.
Si c'est la localisation d'un havre que tu recherches, il me faudra plus d'argent, plus de détails, et plus de temps.


Elle ne semblait pas contre l'idée de travailler pour moi, et l'espace d'un instant, la proposition me tenta. Ce serait là une belle occasion de passer plus de temps avec elle, et d'apprendre à la connaître. Mais ce n'était là qu'un doux rêve, il m'était impossible de l'engager, et je lui en expliquai les raisons avec un sourire.

Amusant, certainement, impossible, tout autant. Je ne suis pas le seul à décider dans cette affaire. Tu n'imagines pas comme il a été difficile de faire accepter aux deux sectes la création d'un tel établissement. Et c'est possible uniquement parce que nous sommes Giovanni, et avons passé des accords de neutralité totale.
Tu es peut-être aubain, mais tu ne me feras pas croire que tu peux être totalement impartiale avec tous les clans.


Sans donner trop de détails, je songeais bien évidemment à la haine ancestrale entre Tremere et Assamite. Et je doutais fort qu'il soit du goût de tous les vampires qu'une Assamite soit chargée de les surveiller et de faire la loi en un lieu sensément de paix et de détente.

Voyant qu'elle avait terminé son premier verre, je poussais vers elle la coupe de sang/champagne.

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Jeu 20 Juin - 21:07

    Il est clair que la vie de Shanka se résumait à un seul mot : le Meurtre. Il y a avait peut-être peu de vampires aussi efficaces et impliqués qu'elle. Elle ne faisait jamais de sentiment dans le métier. Elle était une machine à exécuter. Bon, bien sûr, elle n'était pas le parfait petit soldat étant donné qu'elle choisissait pour qui elle travaillait et ses contrats, cependant, la cible pouvait être un ami que cela ne changerait pas le destin du malheureux. Lorsqu'elle acceptait un contrat, elle allait jusqu'au bout. Jusqu'à sa rencontre avec le Giovanni elle n'avait jamais regretté quoi que ce soit. Elle n'avait jamais imaginé passer à côté de quelque chose. Mais ce soir, elle avait une impression étrange. Sa vie était une succession de choix, personne ne l'avait poussée à les faire. Bien sûr, son Sire l'avait obligée à entrer dans ce monde qu'humaine elle n'aurait jamais imaginé réel, mais après, rien n'avait été une réelle obligation. 

    Elle le regarda disparaitre derrière le bar sans plus se poser de question, elle l'observait faire, de la même manière qu'elle pouvait observer les humains vaquer à leurs occupations sans se douter le moins du monde qu'à chaque coin de rue la nuit venue, ils pouvaient rencontrer leur mort, de la même manière qu'elle observait la vie des animaux s'écouler sereinement, c'est à dire avec une neutralité impartiale. Autant dire que son petit coup de moins bien n'avait été qu'éphémère. Elle n'était pas du genre à se dévoiler facilement. Luca, un jeune lasombra qu'elle avait aidé dans le passé, avait mis bien des années avant de réussir à la connaître aussi bien qu'il l'avait fait. Hélas, le jeune vampire n'était plus de ce monde, puisqu'il avait engagé Shanka pour le faire passer de son statut d'immortel à une carcasse sans vie. 

    L'Assamite considéra le verre devant elle un instant sans bouger, ni même battre des paupières. Elle finit par détourner le regard avec une certaine difficulté, mais elle avait pour principe de ne pas boire quelque chose qu'elle n'avait pas commandé. Règle de base de survie sans doute. Elle n'était pas une jeune midinette à qui on pouvait coller du GHB dans son verre, mais aller savoir si Roberto n'était pas ami-ami avec un fils du Dragon, et que celui-ci ne lui livrait pas quelques substances particulières. Elle était déjà bien assez occupée avec son sang acide, pas besoin de faire entrer un autre agent extérieur dans son corps de femme enfant. 

    Elle railla affectueusement le Giovanni sur une de ses infos concernant les rats qui peuplaient les égouts. Mais quoiqu'il en soit, l'info valait ce qu'elle valait et elle irait sans doute jeter un oeil là-bas. Après tout, qui mieux que les Nosferatus pour rencarder les vampires de la ville.
     

    - Chou, mes critères de sélection d'un havre de paix doivent changer entre toi et moi. Et je me débrouille toujours seule pour ça. Mais c'est gentil de te soucier de mon confort. 

    Elle esquissa un sourire amusé, voilà qu'elle recommençait à donner des petits noms à tout bout de champs. Avant, c'était réservé au Lasombra. Bah qu'importe, Roberto ne s'offusquerait peut-être pas pour cela. Quoi que, il était peut-être plus chatouilleux sur certains sujets qu'elle ne l'aurait pensé. 

    - Impossible? Depuis le temps tu devrais savoir que rien n'est impossible, mais je respecte ton choix. 

    Elle prit un air faussement choqué et blessé, poussant la comédie jusqu'à poser la main sur sa poitrine au niveau de cœur comme pour accuser le coup. 

    - Tu doutes de mon impartialité? Jusqu'à preuve du contraire, il y a encore tous les clans dans cette ville non? 

    Son air outré se changea en un sourire espiègle et à la fois sauvage, presque carnassier. Elle avait une dent contre les Tremere c'est vrai et elle aurait aimé pouvoir en tuer d'avantage, mais d'un autre côté les magiciens n'étaient pas les seuls en cause dans leur malédiction, il y avait tous les grands clans de la Camarilla, Ventru, Toréador, Tremere, Nosfératu etc, etc, non si elle devait commencer à chercher sa vengeance, elle devraient massacrer la totalité des clans et à elle toute seule, elle savait que cela était suicidaire. 

    - Plus sérieusement Roberto, je ne mélange jamais travail et plaisir. Ceci dit, tu as raison, je ne peux sans doute pas travailler ici, bien que l'idée soit plaisante. Je vais peut-être aller postuler dans la police, ou bien me remettre sur le marché du travail en tant que mercenaire. Quoique, peut-être que fleuriste m'irait bien? Non? 

    Elle regarda à nouveau la coupe devant elle et finit par la prendre entre ses doigts et la renifla lentement avec une grande et longue inspiration. Elle avait beau avoir Roberto à la bonne, ça ne voulait pas dire qu'elle lui faisait pleinement confiance.
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Mer 26 Juin - 14:38

Elle n'avait pas bien compris mes paroles. Quand je parlais de localisation d'un havre, je parlais du havre de quelqu'un d'autre, une éventuelle proie qu'elle aurait pu avoir en ligne de mire. Cela-dit, je ne doutais pas que la belle Assamite était capable de se débrouiller toute seule pour cela. Moi-même, je répugnais à faire régler mes affaires par d'autres. Je détestais devoir quelque chose à quelqu'un en qui je n'avais pas une totale confiance, et je ne l'accordais que très difficilement. Même dans mon clan, je faisais extrêmement attention.

Shanka pensait que je lui proposais de lui fournir un havre. Jamais l'idée ne m'en serait venue à l'esprit. Il fallait être le dernier des imbéciles pour demander à un autre vampire de lui fournir un lieu sécurisé. Un havre se devait d'être strictement personnel, et fondamentalement gardé secret. Ou, s'il était plus ou moins public, son niveau de sécurité devait être extrêmement haut, comme pour la Fondation des Tremere, par exemple. Je n'avais encore jamais vu un ennemi des Sorciers entrer dans leur maison sans en ressortir en cendres, ou avec de fortes modifications de l'esprit.
L'Assamite déclina donc la proposition qu'elle avait compris, en me remerciant de me soucier de son confort.


Mais c'est tout naturel ma belle.
J'ai l'impression que tu fais bien des choses en solo. C'est bien pour ta survie, mais tu dois te sentir bien seule, parfois... non ?


Je commençais à comprendre son fonctionnement, et je m'attendais à voir de nouveau passer une ombre triste dans ses yeux, qui n'allait rester qu'un instant, avant qu'elle court se réfugier dans sa carapace d'humour et de prédatrice.

Pour la demande d'emploi, elle annonça qu'elle "respectait mon choix". Encore heureux.
Certes, rien n'était impossible... hum, je me méfiais des proverbes.
Elle fanfaronnait un peu, la belle guerrière, en se targuant de pouvoir détruire un clan entier. Elle pouvait être forte et vieille, je doutais qu'elle puisse exterminer tous les Tremere du monde, par exemple. Ni même d'une seule ville.


Les vampires sont comme une hydre : coupe une tête, il en repoussera deux.
Au moins, tu ne seras jamais au chômage !


A propos de travail... Shanka songeait à entrer dans la police ? Quelle idée ! Ce genre de racaille militarisée devait faire de sacrées enquêtes sur ses propres membres, et ça lui attirerait des ennuis, de toute évidence.
Ou devenir mercenaire... Ne l'était-elle pas déjà ? Pourquoi vouloir à tout prix avoir un travail humain ? Oh, mais peut-être était-ce justement parce qu'elle se sentait seule et trop meurtrière dans l'âme qu'elle cherchait absolument à se rapprocher des humains. Pour se rappeler ce qu'elle avait été autrefois. On ne peut pas renier ce que l'on est, ma belle. Mais les efforts étaient louables.


Tu sais, j'entends beaucoup de choses ici. Dans les bars, les gens parlent. Si d'aventure je vois des gens qui cherchent à détruire un semblable, je pourrais te recommander, si tu veux.

La belle se méfiait de la coupe de sang que je lui avais servie. Elle avait mis du temps à la prendre, et à présent qu'elle l'avait en main, elle se refusait à la boire, et la renifla longuement.
Je lui adressais donc un sourire et lui dit pour la rassurer :


Ne t'en fais pas, ça ne contient rien d'illégal.

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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Mar 9 Juil - 20:43

    Agir seul, sans un bruit, avec rapidité, efficacité et précision, tel était le crédo des assassins comme elle. Moins de monde en savait, mieux c'était. Sa manière d'être, d'agir, était de prêcher le faux pour savoir le vrai, de parler de choses anodines ou de jouer les idiotes. Les gens parlent plus facilement quand ils pensent que leur interlocuteur ou les gens qui les entourent sont des demeurés. Avoir l'oreille attentive et choisir ses informateurs, voilà ce qui faisait d'un nom, une cible.
    Aussi ce soir, ne cherchant pas quelqu'un en particulier, elle avait mal interprété les paroles de Roberto. Une faute? Peut-être, mais le Giovanni avait la fâcheuse tendance à réussir à lui retourner le cerveau, presque aussi bien qu'un malkavien en n'usant d'aucun don… tout du moins elle l'espérait. Il aurait été fort dommage de trancher cette si jolie gorge, dans laquelle elle aurait bien enfoui son visage…
    Elle cligna des yeux, s'obligeant à penser à autre chose. Ce n'était pas elle, de dévisager les gens ainsi. De ressentir… des choses?!

    Elle esquissa un sourire mutin à la réponse du bel italien.
    Seule? Jusqu'à lors elle n'avait jamais senti le poids de la solitude, bien que maintenant elle commençait à se demander ce qu'était cette impression de vide, pas désagréable mais un peu envahissante.


    "- La solitude… c'est le fondement même de mon existence…" Elle ajouta à mi-voix, comme si elle se parlait plus à elle-même dans un murmure, alors que le passé revenait une fraction de seconde dans ses yeux." … d'avant ou maintenant…" Elle reprit avec plus de voix tout en relevant les yeux avec un sourire sans saveur à Roberto."… On ne se refait pas, à ce qu'il parait."

    Elle n'était pas du genre à parler d'elle ainsi, et elle n'avait pas encore assez confiance en Roberto pour lui raconter sa vie ou sa non vie ainsi. Parfois elle lui laissait des indices, des bribes de ce qu'elle était, c'était à lui de les attraper et de refaire le puzzle si il en avait envie.
    Puis elle reconnut l'incrédulité dans le regard de Roberto qui était dubitatif sur ses capacités. Il n'osa pas le dire ouvertement mais elle le lisait en lui, ce qui la fit sourire d'avantage.
    Elle sur-jouait, ne l'avait-il pas remarqué? Quoi qu'il en soit, si plusieurs de son clan avaient été là, il n'aurait pas été impossible de réduire un clan au silence, ça s'était déjà vu, surtout quand à une époque la Main noire - qui avait à sa tête des Assamites - servait le Sabbat, combien de villes avaient été reprises? Le Sabbat n'avait jamais fait autant trembler la Camarilla… c'était une époque lointaine, mais que son Sir lui avait compté bien des années auparavant.
    Mais elle n'allait sans doute pas raconter cela à Roberto, qu'il garde cette idée d'elle. Ce n'était pas plus mal.


    "- C'est ça qui est bien avec notre espèce. "

    Elle lui sourit à pleine dents, totalement amusée de la situation. Lorsqu'elle lui parla de ses orientations et projets de reconversions pour son travail, il tiqua, encore une preuve que les autres Caïnites ne savaient rien sur son clan. Il n'y avait pas que la caste des guerriers chez eux, mais chacun d'eux faisait bien attention de ne pas ébruiter le sujet. Elle avait besoin de se sentir proche des humains, pour garder son humanité et ne pas perdre de vue que c'était eux qu'elle protégeait de ses semblables.

    Elle se releva lentement de son siège pour plonger son regard de glace dans les yeux du Giovanni. Etait-il en train de lui proposer de devenir son informateur ?

    "-C'est fort sympathique de ta part…et qu'aimerais-tu de moi en échange de ce service? Je doute que tu fasses cela par altruisme ? "

    A nouveau un sourire, la vie lui avait appris que rien n'était gratuit ici-bas et que peu de personne faisaient des actions de manière totalement désintéressé.
    Elle regarda à nouveau la coupe de sang… Peut-être que si elle la buvait il verrait là une sorte de signe d'engagement ou une marque de confiance.
    Elle contempla encore un long moment le verre, puis soupira et la porta à ses lèvres. Le sang, mélangé à … autre chose glissa le long de sa gorge de manière continue jusqu'à ce que le contenant soit totalement vide.
    Elle sentait le soleil, les coteaux verdoyants, le sucre et le bois, plus autre chose qui lui était inconnu. Elle ouvrit de grands yeux en regardant le verre maintenant vide, puis plissa les yeux à l'intention du barman.


    "-Qu'es ce que tu as mis dans ce verre? "

    La tête lui tournait légèrement. Elle se sentait un peu étrange.
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MessageSujet: Re: C'est qui le Taulier?    Lun 22 Juil - 15:59

Elle m'adressa un sourire mutin lorsque j'évoquais sa solitude, et me rétorqua que c'était là le fondement de son existence. La solitude et l'assassinat. Une Assamite pure et dure !
Mais il était pourtant bon parfois de s'éloigner des clichés, et de se laisser à vivre, tout simplement.
Comme je m'y attendais, elle ajouta quelques mots à mi-voix, comme se parlant à elle-même. Je ne fis aucun commentaire supplémentaire. Nos points de vue étaient trop différents.

La situation semblait bien l'amuser. C'est sûr qu'elle ne manquerait jamais de travail, à moins que tous les vampires se fassent exterminer d'un seul coup. J'avais entendu beaucoup de choses à ce sujet. La Géhenne, les vieux vampires qui sortent de leurs tombes pour tous nous dévorer, la fin du monde, la terre enfin débarrassée de ces aberrations... Je ne savais pas trop quoi en penser. Je restais sur le principe qu'il valait mieux profiter au maximum de l'existence, tant que cela était possible.

Quand je lui proposais de jouer plus ou moins le rôle de manager, elle me demanda ce que j'attendais d'elle en retour. Je réalisais alors que j'avais proposé cela sans arrière-pensée, sans songer à une contrepartie.
Oula, ça n'allait pas ! Moi le businessman, l'homme d'affaires acharné qui saignait proprement les comptes de ceux qui bossaient pour moi, qui ne manquait jamais une occasion de gagner de l'argent, honnêtement ou non... voilà que je proposais un service gratuit ?

La belle me faisait tourner la tête, et je me réprimandais intérieurement de me laisser aller ainsi. Il ne fallait pas qu'elle puisse s'en douter, ou ma réputation serait ternie. Heureusement qu'elle avait posé la question ! Je n'avais plus qu'à trouver une réponse. Que pouvais-je bien demander d'elle ? Beaucoup d'idées me vinrent en tête, mais la plupart étaient déplacées et complètement hors contexte. Je me contentais donc d'une réponse vague, qui n'engageait pas à grand chose, n'ayant pas d'idée concrète sur le coup.


Disons que j'espère parier sur le bon poulain. Et si je t'apporte plusieurs clients satisfaits, peut-être pourrions-nous envisager une forte remise si à l'avenir j'ai à mon tour besoin de tes services...

A présent que j'avais rattrapé le coup, je ne doutais pas qu'elle ferait une remarque sur le fait que je la comparais à un bébé cheval, en prenant un air faussement outré. Le langage métaphorique était intéressant à employer avec elle, car elle semblait ne jamais manquer une occasion pour détourner mes paroles et faire de l'humour.

Elle acheva la contemplation de la coupe et la vida d'un trait. Outch ! Le champagne, ça monte vite à la tête, et à le boire trop vite sans être habituée, elle risquait de ressentir très vite les effets. Mais bon, ce n'était pas un alcool mauvais, au pire elle serait plus causante et se sentirait légèrement affaiblie. Ce n'était pas un véritable coup bas de ma part, mais un cadeau, pour qu'elle puisse se décoincer et s'amuser un peu.
Lorsqu'elle me demanda ce que j'avais mis dans le verre, car évidemment après l'avoir bu elle ressentait un goût inconnu, je lui souris d'un air innocent et répondis :


Petit cadeau de la maison. Ce n'est rien de bien méchant, juste un peu de champagne. Ça rafraîchit, par un temps pareil.

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C'est qui le Taulier?

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